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La ferme des filles, une ferme familiale en gascogne

par | 6 Avr 2021 | Fermes collaboratives

Bienvenue Ă  la Ferme des Filles, une ferme collaborative et familiale !

Le portrait qui suit de leur histoire et de leur fonctionnement est le troisiÚme élément de notre série sur les fermes collaboratives qui nous inspirent.

Premier opus : la Ferme de Froidefontaine

DeuxiĂšme opus : la Ferme des Clos

Vous aussi vous souhaitez vous installez sur une ferme à plusieurs ? Rejoignez notre communauté pour recevoir du contenu sur ce sujet et avoir accÚs à nos projets de fermes diversifiées !

La Ferme des Filles est une ferme collaborative familiale, crĂ©Ă©e par des femmes en pays gascon. C’est une ferme maraĂźchĂšre situĂ©e sur un terrain d’une dizaine d’hectares et cultivĂ©e sur environ 1,5 ha. On y trouve 1500 m2 de parcelle maraĂźchĂšre en planches permanentes, un dĂ©but d’aspergeraie, un verger d’arbres fruitiers, un espace pour les petits fruits rouges et un atelier de 250 poules pondeuses. Les cofondatrices sont Ă©galement en train de dĂ©velopper la culture des plantes aromatiques et mĂ©dicinales (PAM). Cette activitĂ© agricole se double d’une activitĂ© touristique puisqu’il est possible de sĂ©journer Ă  la ferme dans l’un des cinq charmants gĂźtes qui sont sur place. Il y a quasiment une personne Ă  temps plein sur l’éco-tourisme. 

Aujourd’hui elles sont locatrices avec un bail emphytĂ©otique de 40 ans signĂ© avec la commune de Captieux

SĂ©duit·es par l’histoire de la Ferme des Filles (et par leurs gĂźtes) nous sommes parti·es Ă  leur rencontre (virtuelle) et avons voulu comprendre les raisons de leur association, les forces de leur modĂšle unique mais aussi les dĂ©fis humains et juridiques inhĂ©rents Ă  une installation Ă  plusieurs.

Au sommaire…

 

  1. La Ferme des Filles, un projet de ferme collaborative et familiale qui naĂźt naturellement
    • La genĂšse de la Ferme des Filles
    • L’installation
    • Choisir sa structuration juridique pour une ferme collaborative ? Un casse-tĂȘte !
  2. La Ferme des Filles, un accompagnement du groupe décidé à un moment clé
    • L’intĂ©gration d’une personne mĂ©diatrice pour sĂ©curiser les liens familiaux et le projet
    • L’accompagnement en pratique
  3. La Ferme des Filles, une ferme pleine de souvenirs et d’avenir
    • De nombreux moments joyeux qui justifient les efforts du quotidien
    • La Ferme des Filles en 2025 ?
    • Des conseils pour les porteur·ses de projet

La Ferme des Filles, un projet de ferme collaborative et familiale qui naĂźt naturellement

La genĂšse de la Ferme des Filles

Cette ferme, c’est une histoire de femmes. D’ailleurs Sophie nous a fait remarquer en riant au tĂ©lĂ©phone qu’elles sentaient bien qu’”elles Ă©taient dans le vent” avec leur projet agricole exclusivement fĂ©minin. Pourtant ce n’est pas comme ça qu’elle se dĂ©finissent en premier. 

Car cette ferme, c’est aussi et avant tout une histoire familiale. Essayons d’expliquer cela simplement
. la ferme des Filles a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e par Sophie, CĂ©cile, Jeanne et Julie, deux paires de sƓurs qui sont aussi paires de cousines : Sophie est la grande sƓur de CĂ©cile et la cousine de Julie. Julie est la cousine de CĂ©cile et la grande sƓur de Jeanne. Jeanne est la cousine de
 On vous a perdu·e ? C’était fait exprĂšs mais c’est un peu ce que l’on a ressenti quand Sophie nous a expliquĂ© les liens entre elles au tĂ©lĂ©phone. Pour faire simple voici un petit schĂ©ma (fait maison, soyez indulgent·es !) :

    Schéma montrant la répartition des GES dans l'agriculture. Dans l'ordre d'importance : méthane, proxde d'azote et dioxyde de carbone.

    Comment en sont-elles arrivĂ©es lĂ  ? Pour elles, le collectif c’était dĂšs l’enfance qu’elles y ont baignĂ©es. Elles ont toutes les quatre grandi dans un hameau familial, au cƓur d’une forĂȘt domaniale aux portes du MĂ©doc. Il y a une quinzaine d’hectares pour plusieurs familles : pas de barriĂšres, pas de clĂŽtures et un grand espace collectif pour partager une vie commune. 

    Alors il y a trois ans, quand la vie a fait qu’elles se sont toutes les quatre retrouvĂ©es Ă  une Ă©tape charniĂšre de leur parcours professionnel et personnel, c’est tout naturellement qu’elles ont envisagĂ© un projet commun. Et puis encore aujourd’hui, ces liens familiaux crĂ©Ă©s par une enfance passĂ©e toutes ensemble font preuve de leur force et de leur richesse. Il n’y a qu’à voir lorsqu’elles font appel Ă  la famille pour des chantiers participatifs, ils se retrouvent facilement trĂšs nombreux ! On appelle ça des cousinades utiles 🙂

    Toutes les quatre Ă©taient presque novices dans l’agriculture et le tourisme, Sophie la doyenne avait de multiples casquettes et une petite formation agricole, CĂ©cile sa petite sƓur opĂ©rait dans le milieu du social. Julie, leur cousine, venait du milieu humanitaire. Seule Jeanne, la benjamine, venait de passer son BPREA en Plantes Ă  parfums aromatiques et mĂ©dicinales (PPAM) et Ă©tait diplĂŽmĂ©e de l’École des Plantes de Paris et avait donc un bagage agricole thĂ©orique et “officiel” pour se lancer dans l’aventure. 

    Il y a trois ans, Jeanne venait de finir son BPREA et ne voulait pas forcĂ©ment se lancer toute seule. Ça tombait bien, sur le plan personnel, Sophie avait dĂ©jĂ  entamĂ© un retour Ă  la campagne et vers l’autonomie alimentaire, CĂ©cile travaillait dans une Ă©picerie solidaire Ă  Bordeaux et voulait passer Ă  autre chose. Quant Ă  Julie, elle Ă©tait fraĂźchement rentrĂ©e du continent africain et des circonstances familiales la rendait prĂȘte pour un changement. 

    Toutes les quatre avaient envie de travailler Ă  la campagne et mener des actions qui avaient du sens, elles ont donc dĂ©cidĂ© de “nourrir les gens en prenant soin de la terre et des ĂȘtres humains.”. MĂȘme si cette volontĂ© est trĂšs “permaculture”, elles se dĂ©fendent de toute Ă©tiquette. Leur objectif c’est surtout de travailler sur un sol vivant, de ne pas tuer ce qu’elles ont sous les pieds mais au contraire de le rĂ©gĂ©nĂ©rer. 

     

    2018, l’annĂ©e de l’installation !

    En 2018 elles ont donc dĂ©cidĂ© de s’installer et ont trouvĂ© un lieu. Elles recherchaient au dĂ©part des terres Ă  acheter mais sont finalement parties sur une location avec un bail emphytĂ©otique (on en parlait dans l’article sur la ferme de Froidefontaine) auprĂšs de la commune de Captieux. 

    Trouver un site est souvent un casse-tĂȘte pour les porteur·ses de projet (lien ancre guide agricole : trouver le foncier), ce qui a fait la diffĂ©rence pour le groupe c’est d’en parler Ă  Ă©normĂ©ment de personnes autour d’elles. Elles en parlaient Ă  leurs ami·es, Ă  leur famille mais elles allaient aussi contacter des communes et Ă  la rencontre des acteurs du coin. Un technicien a pris connaissance de leur projet, en a parlĂ© aux communes aux alentours et il s’avĂšre que la Mairie de Captieux cherchait un ou des porteur·ses de projet pour un site. 

    Le bail agricole peut ĂȘtre compliquĂ© si le terrain n’a pas suffisamment de bĂąti. Ici elles s’en sortent bien puisqu’elles ont louĂ© le terrain avec un sĂ©choir Ă  tabac oĂč elles entreposent aujourd’hui le matĂ©riel mais surtout qui est en train d’ĂȘtre transformĂ© en sĂ©choir professionnel pour leurs plantes mĂ©dicinales et aromatiques, une bergerie, une grande salle pour accueillir des Ă©vĂšnements, une maison landaise qui est le lieu collectif mais qui sera bientĂŽt transformĂ©e en restaurant ainsi que les gĂźtes qui Ă©taient dĂ©jĂ  en place. 

    En 2019 c’était donc leur premiĂšre saison agricole avec de la production. Ensuite, 2020 fut une saison toute particuliĂšre : le COVID les a forcĂ©es Ă  fermer leurs gĂźtes pendant de nombreux mois. 2021 sera donc leur troisiĂšme saison. Pour elles, ces deux premiĂšres saisons furent surtout des saisons d’investissement dans leur outil de production : le sol. Cela fait deux ans qu’elles le rĂ©gĂ©nĂšrent et le rendent plus riche et plus arable avec des engrais verts, du compost, du fumier et des techniques de MaraĂźchage en Sol Vivant (MSV).

    Comme vous pouvez le constater, seulement une douzaine de mois se sont Ă©coulĂ©s entre le dĂ©sir d’installation et l’installation rĂ©elle. Sans hĂ©sitation, elles expliquent cela par le fait qu’elles se connaissent extrĂȘmement bien depuis leur enfance et qu’elles Ă©taient en phase sur les valeurs fondatrices et les objectifs du groupe.

    Choisir la structuration juridique d’une ferme collaborative ? Un casse-tĂȘte !

    La premiĂšre rĂ©ponse de Sophie quand on lui pose une question sur la structuration juridique de la Ferme des Filles ? “Une galĂšre sans fin”. Elle prĂ©cise cependant qu’elles se sont trĂšs bien faites accompagner par une juriste de la chambre d’agriculture ainsi que par des ami·es et par leur famille. Pour elle c’est sans Ă©quivoque, pour trouver sa structuration juridique  il est indispensable d’ĂȘtre accompagné·es car c’est un milieu Ă  part entiĂšre trĂšs complexe Ă  comprendre. 

    Surtout qu’aujourd’hui les chambres prennent conscience que les micro-fermes sont intĂ©ressantes donc elles peuvent et veulent les accompagner. Cependant elles ont plus de mal Ă  s’adapter aux projets de groupe et Ă  leur complexitĂ©, mais cela Ă©volue dans le bon sens.

    Elles ont choisi le modĂšle de la SARL puisque leur sociĂ©tĂ© dĂ©gage des bĂ©nĂ©fices agricoles et commerciaux. Le choix de la sociĂ©tĂ© civile agricole (EARL ou GAEC par exemple) leur Ă©tait impossible car leurs revenus non-agricoles allaient dĂ©passer la limite lĂ©gale des 30% des bĂ©nĂ©fices totaux. Elles ont prĂ©fĂ©rĂ© une SARL Ă  une SAS pour Ă©viter d’avoir un prĂ©sident tournant. Elles ont Ă©galement mis de cĂŽtĂ© le format de la SCOP (SociĂ©tĂ©s CoopĂ©ratives et Participatives) car le modĂšle du salariat ne leur convenait pas et la DJA n’aurait pas Ă©tĂ© accessible. 

     

    🩔 Qu’est-ce qu’une SCOP ?

    ModĂšle assez discret en France en agriculture puisque les fermes qui l’ont choisi se comptent sur les doigts d’une main. Cela s’explique en partie par le fait q’un·e associé·e dans une SCOP ne bĂ©nĂ©ficie pas du statut d’exploitant·e agricole et donc qu’il ou elle ne bĂ©nĂ©ficie pas des aides Ă  l’installation. De plus, les institutions agricoles connaissent encore trĂšs peu ce format ce qui implique beaucoup de lourdeurs administratives et de batailles juridiques. . 

    Juridiquement, une Scop (SociĂ©tĂ© coopĂ©rative et participative) est une sociĂ©tĂ© coopĂ©rative de forme SA, SARL ou SAS dont les salariĂ©s sont les associé·es majoritaires et le pouvoir y est exercĂ© dĂ©mocratiquement. Le modĂšle se rapproche de celui de la GAEC sauf qu’ici les activitĂ©s non-agricoles sont autorisĂ©es. Ce modĂšle apporte un grand avantage Ă  l’associé·e : Ă©tant salarié·e et non chef·fe d’exploitations, il ou elle va bĂ©nĂ©ficier des avantages sociaux de ce statut (chĂŽmage et retraite par exemple). De plus, ce statut permet de commencer avec un faible investissement de dĂ©part et va dans le sens d’une forte mutualisation. Si ce format vous intĂ©resse, jetez un Ɠil Ă  la Ferme de BelĂȘtre en Indre-et-Loire ou Ă  la Ferme des Volonteux dans la DrĂŽme. 

        Le modĂšle juridique de la SARL leur apporte le droit d’avoir une double activitĂ© agricole et commerciale et pourtant leur activitĂ© commerciale se trouve limitĂ©e. En effet, elles ont toutes le statut d’exploitantes agricoles. Or la MutualitĂ© Sociale Agricole (MSA) demande en Ă©change de ce statut Ă  ce qu’elles ne dĂ©gagent pas plus de 50% de leurs revenus via des activitĂ©s non agricoles. Dans les premiĂšres annĂ©es d’exercice, quand la production agricole n’est pas Ă  son optimum mais que les gĂźtes sont directement exploitables c’est une condition qui complique Ă©normĂ©ment la situation. Elles ont dĂ» minimiser l’activitĂ© des gĂźtes pour garantir leur statut d’exploitante agricole
. On peut comprendre la frustration que cela crĂ©e, surtout lorsque l’on a choisi une structure juridique expressĂ©ment pour exercer la double activitĂ©. 

        Autre complexitĂ© de la situation en ferme collaborative : seule Jeanne a fait le parcours d’installation JA donc seule elle bĂ©nĂ©ficie de la dotation jeune agriculteur. Cependant les quatre associĂ©es, et non uniquement Jeanne, doivent rĂ©pondre Ă  la condition de dĂ©gager un SMIC au bout de 5 ans pour avoir le droit aux 20% restants de la dotation. 

        Sophie nous glisse Ă  ce moment-lĂ  qu’elle a du mal avec cette appellation d’exploitant·e agricole choisie par la MSA : elles n’exploitent rien du tout, elles coopĂšrent avec les sols et la nature. On est assez d’accord avec elle !

        Schéma montrant que 80% des terres agricoles mondiales sont utilisées pour l'élevage : cela comprend les prairies et terres arables.

        La Ferme des Filles, un accompagnement du groupe décidé à un moment clé

         

        L’intĂ©gration d’une personne mĂ©diatrice pour sĂ©curiser les liens familiaux et le projet

        Le dĂ©but de l’aventure c’était “ le pays des Bisounours”, tout le monde avance avec une envie commune de mener Ă  bien le projet. Les valeurs sont partagĂ©es, les quatres comparses se connaissent bien. Au bout de deux ans, les diffĂ©rences de caractĂšres et de tempĂ©raments se font ressentir et ne sont pas forcĂ©ment reconnues et exploitĂ©es. C’est une Ă©preuve pour le “prĂ©cieux facteur humain” qui est la clef de voĂ»te d’un collectif. 

        Il y a un an, elles ont dĂ©cidĂ© de faire appel Ă  une personne pour jouer le rĂŽle d’accompagnatrice du groupe. Cette mĂ©diation est venue Ă  point nommĂ© et a portĂ© ses fruits. Aujourd’hui les relations sont plus apaisĂ©es et les quatre filles de la ferme s’entendent toujours aussi bien. Elles pensent avoir fait appel Ă  cette personne au bon moment. En effet, avant de dĂ©cider de l’intervention d’une personne extĂ©rieure, elles avaient construit le groupe sur la soliditĂ© de leurs liens familiaux. Liens trĂšs forts comme l’exprime Sophie “mĂȘme si on s’engueule, on sait que l’amour est lĂ .” (bien sĂ»r cela dĂ©pend de la nature du lien familial). Le moment oĂč elles ont dĂ©cidĂ© de faire appel Ă  une mĂ©diatrice c’est lorsqu’elles ont senti que ces liens familiaux pourraient s’abĂźmer Ă  force de dĂ©saccords. 

        Si l’accompagnement Ă©tait devenu crucial et que le moment semblait bien choisi c’était aussi parce que la situation des quatre co-fondatrices avaient changĂ©. Si elles s’étaient toutes lancĂ©es dans le projet en tant que cĂ©libataires, les voici toutes aujourd’hui en couple avec en sus l’arrivĂ©e d’un bĂ©bĂ©. Cela a bien sĂ»r chamboulĂ© les rythmes, les niveaux d’implication et les relations entre soeurs et cousines.

        Carte montrant les spécialisations agricoles régionales et donc les déséquilibres causés par ces derniers.

        L’accompagnement en pratique

        L’accompagnement se traduit par une rĂ©union d’une journĂ©e par mois au cours desquelles elles font des tours de table pour savoir comment tout le monde se sent et pour prĂ©senter des situations Ă  potentiel conflictuel qu’elles vont dĂ©mĂȘler avec la mĂ©diatrice. 

        Le prix a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© librement avec la personne intervenante qui voulait soutenir leur projet, chacune mettant 50€ par mois dans cet accompagnement.

        En parallĂšle de cette rĂ©union d’une journĂ©e, Sophie, CĂ©cile, Jeanne et Julie se retrouvent tous les lundis matins pour planifier la semaine et les prioritĂ©s. 

        Elles font aussi attention à créer des moments de convivialité hors cadre de travail, afin de pouvoir se détendre toutes ensembles.

        CĂ©cile, Jeanne, Julie et Sophie devant la salle commune !

        🩔 Se faire accompagner pour un projet agricole de groupe ?

        Monter, faire aboutir et pĂ©renniser un projet de groupe en agriculture n’est pas chose facile. Et pourtant comme le montrent les exemples de fermes mis en avant sur notre blog, le jeu en vaut la chandelle !

        Vous avez un groupe déjà constitué et souhaitez valider la solidité de votre collectif et/ou vous faire accompagner ?

        Nous proposons des services d’accompagnement pour les groupes souhaitant s’installer ensemble sur une ferme.

        Contactez-nous pour en savoir plus !

        La Ferme des Filles, une ferme pleine de souvenirs et d’avenir

        De nombreux moments joyeux qui justifient les efforts du quotidien

        Une ferme collaborative, c’est un lieu propice Ă  la crĂ©ation de trĂšs beaux souvenirs humains. Pour Sophie un moment clĂ© fut l’inauguration en mai 2019 : un trĂšs beau moment qui prĂ©sageait de tout ce qui Ă©tait Ă  venir pour la Ferme des Filles. 

        Pour elle, chaque saison a son lot de bons souvenirs. L’hiver ce sont les moments au coin du feu avec une tisane dans la main, en train de rĂȘver au futur. Le printemps quant Ă  lui apporte de la joie, les framboisiers montrent leur jeunes pousses et elles lancent les semis. L’adrĂ©naline de la saison commence Ă  monter. L’étĂ© elles aiment beaucoup accueillir les wwoofeurs et ceux et celles venant donner un coup de main. Ils et elles passent de trĂšs belles soirĂ©es sur la terrasse, une biĂšre Ă  la main. Et enfin l’automne c’est le moment de faire du bois et ce moment bien connu des agriculteur·rices oĂč
 on a hĂąte que ça se calme.

        Le COVID a Ă©galement apportĂ© quelques bons souvenirs malgrĂ© la situation gĂ©nĂ©rale. Pour Ă©viter les contacts et fournir en lĂ©gumes les voisins et voisines qui Ă©taient fortement demandeur·ses, elles ont montĂ© un point de vente auto-gĂ©rĂ© dans un four Ă  pain. Une petite boĂźte Ă©tait disponible pour y glisser le montant des achats. Travail rĂ©duit pour elles et voisin·es heureux·ses, un systĂšme idĂ©al qu’elle comptent bien remettre en place avec les nouvelles rĂ©coltes.

        Moment convivial : les quatre filles au moment de l'inauguration.

        La Ferme des Filles en 2025 ?                                                                        

        Comment Sophie voit-elle la Ferme des Filles en 2025 ? 

        “J’imagine que l’on a rĂ©ussi Ă  faire notre jardin-forĂȘt (arbres fruitiers, petits fruits, lĂ©gumes). Avec de beaux arbres en pleine forme, qui protĂšgent les plus petits, qui protĂšgent Ă  leur tour les lĂ©gumes. J’espĂšre aussi que nos planches maraĂźchĂšres seront de plus en plus faciles Ă  travailler. Maintenant que l’on s’est cassĂ© le dos et les articulations pendant quelques annĂ©es. J’ai envie de prĂ©server ma santĂ© ! 

        J’imagine une ferme qui est restĂ©e Ă  taille humaine, avec de la vĂ©gĂ©tation qui a grandi et poussĂ©. Avec encore plus d’oiseaux, d’insectes et de vivants. Et que beaucoup de monde vienne partager avec nous ces beaux moments (et nous acheter des trucs, c’est comme mĂȘme ça qui nous fait gagner notre vie !). J’ai envie d’avoir des Ă©coliers en classe verte chez nous afin de continuer le partage et la transmission. Et puis des concerts aussi !”

        Quelques conseils pour les porteur·ses de projet

        Le premier conseil Ă  donner est celui de rester ouvert·e Ă  recevoir des conseils, que ces derniers soient sollicitĂ©s ou non. Et lorsqu’on l’on a une question, ne pas se contenter d’une seule rĂ©ponse mais au contraire aller demander plusieurs avis. Surtout, ne pas hĂ©siter Ă  se faire accompagner dans la construction de son projet. Et puis parler de son projet Ă  tout le monde autour de soi, vous ne savez pas qui pourra vous mener jusqu’au terrain de vos rĂȘves !

        Un autre conseil classique mais essentiel : il faut prendre soin de soi, on peut rapidement se perdre en allant tĂȘte baissĂ©e et sans garde-fou. Cela mĂšne Ă  la blessure, Ă  l’épuisement et on perd pied. Et puis lorsqu’on est la tĂȘte dans le guidon (ou dans la grelinette) on perd de vue la rĂ©alitĂ© et les objectifs.

        Il y a plein de façons de prendre soin de soi. Par exemple en continuant Ă  ĂȘtre en lien avec les autres (les proches, la famille, les amis ou juste des personnes bienveillantes comme des voisin·es ou des client·es). Surtout que les autres voient des choses que l’on ne voit pas forcĂ©ment

        Sur le projet en lui-mĂȘme, elles conseillent de dĂ©marrer petit, d’essayer de s’organiser et d’ĂȘtre efficace. Si on n’a jamais Ă©tĂ© organisé·e dans sa vie, il peut ĂȘtre bien de se faire accompagner et de mettre en place des outils spĂ©cifiques pour cela. Sinon le risque est de perdre beaucoup, beaucoup de temps. Si vous ĂȘtes sur un projet de groupe, il faut mettre en place des protocoles communs (rĂ©unions, rangements, process de vente, etc.) et essayer de les suivre. Le collectif apporte beaucoup en rĂšgle gĂ©nĂ©rale et mĂȘme dans un projet tout seul il faut penser collectif (demander de l’aide aux agriculteur·rices voisin·es, parler au voisinage, ĂȘtre prĂ©sent·e au niveau de la commune, etc.).

        Et dernier conseil : plantez des arbres !

        Merci beaucoup à Sophie pour ce temps passé au téléphone en plein début de saison !

        Nous on est sur le point de réserver leurs gßtes pour quelques nuits. Pas vous ?

        Pour aller plus loin...

        Rendez-vous sur le site web de la Ferme des Filles, suivez-les sur Facebook et allez leur rendre visite Ă  Captieux !

        Qui a Ă©crit cet article ?

        Marguerite Legros

        Marguerite Legros

        Spécialiste du contenu chez Fermes En Vie

        Marguerite est diplĂŽmĂ©e de l’ESSEC en management et du Schumacher College en maraĂźchage. Avec cette double casquette, elle alterne entre rĂ©daction d’articles sur les problĂ©matiques du monde agricole et prĂ©paration de son projet de culture de fleurs coupĂ©es.

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