De l’idée au projet : 6 enseignements pour favoriser l’émergence de votre projet agricole !

Dernière mise à jour : 12 avril 2022

Comment faire passer votre rêve d’installation agricole de l’idée au projet ?

S’installer en agriculture c’est comme une randonnée bien ardue. Pas une petite balade du dimanche sans dénivelé mais plutôt un bon GR 20 multi-étapes avec quelques ascensions un peu corsées ! Les durées varient selon les personnes, mais en général les acteurs de l’installation s’accordent pour dire qu’entre le moment où le porteur de projet s’adresse à eux et le moment où il/elle s’installe pour de bon, il y a un délai de 3 à 5 ans. Quand je disais que c’était une randonnée solide !

Et avant de partir dans une telle expédition, il faut être bien préparée ! Connaître l’itinéraire sur le bout des doigts, identifier les refuges, demander conseils aux bonnes personnes et bien choisir son matos. Oui on est toujours sur la métaphore de la randonnée car c’est la même chose pour votre installation agricole, il faut la préparer en amont ! Nous avons déjà abordé, dans un précédent guide, la phase d’installation agricole, celle-ci commence par un projet construit et solide pour aboutir à une réalité d’entreprise agricole. Aujourd’hui nous voulons vous parler des étapes précédents celles-ci : celles qui vous font aller de l’idée au projet. Afin d’avoir un projet suffisamment bien construit et ficelé pour que vous puissiez le présenter aux acteurs du monde agricole avec confiance.

Il existe une formation qui a pour but d’accompagner les porteurs de projet dans cette phase d’émergence : la formation de l’Idée au projet. Elle est proposée par de nombreux ADEAR, CIVAM et associations paysannes dans les départements. Étant moi-même dans cette phase amont de l’installation, celle où un certain flou artistique règne encore sur mon projet, j’ai fait la formation de l’idée au projet et j’ai voulu vous en partager les 6 enseignements principaux dans cet article. À savoir :

  1. Explorer toutes les dimensions de son projet ;
  2. Faire des allers-retours entre sa feuille et le terrain ;
  3. Réveiller les bonnes interrogations ;
  4. Se confronter au groupe ;
  5. Garder l’élan ;
  6. Accepter le rythme du projet.

Avec à chaque fois un petit exercice d’application pour rendre le tout plus concret !

LE CONTEXTE … 

Quelques lignes sur ma situation puisqu’elle influence forcément cet article ! J’ai 30 ans et j’ai comme projet une installation agricole dans une ferme collaborative et diversifiée. L’atelier agricole que je souhaite porter au sein de cette future potentielle ferme est celle de la culture de fleurs coupées. Je ne viens pas du milieu agricole et j’ai deux ans d’expérience en maraîchage bio-intensif et fleurs coupées dans le Sud de l’Angleterre. Pour l’instant je n’ai pas de diplôme agricole (BPREA à distance prévu pour 2023) et mon horizon d’installation est autour de 2025. Je voudrais m’installer dans le sud/centre Morbihan (Bretagne) et je suis arrivée dans ce territoire en mars 2020, je le connais donc encore assez mal.

J’ai fait la formation tout en étant en 4/5e chez FEVE, ce qui me laissait peu de temps disponible hors sessions en présentiel pour travailler sur le dossier, faire les stages et initier des visites, cela ne m’a pas cependant trop gênée et je considère que c’était un bon compromis au vu de ma situation !

LA FORMATION DE L’Idée au Projet… 

J’ai effectué la formation “De l’idée au projet” à La Marmite, une association d’éducation populaire du Pays de Questembert, dans le Morbihan. Merci à Lily, Simon et Steeven pour leur accompagnement.

La formation comporte 5 blocs de 2 jours de formation répartis sur trois mois avec la possibilité d’effectuer 2 stages de 2 semaines durant cette période. Les sessions en présentiel se font en groupe (nous sommes entre 8 et 12 par promotion) et la formation a lieu deux fois par an. Les formations De l’Idée au projet sont en général éligibles au financement Pôle Emploi ou CPF.

Les objectifs de la formation “De l’idée au projet” sont les suivants :
– Clarifier ses motivations et ses valeurs : faire le lien entre son projet de vie et son projet professionnel,
– Clarifier la nature même de son projet et ses implications,
– Identifier les activités et les fonctions à exercer et mesurer l’écart entre ses compétences actuelles et les compétences à acquérir
– Analyser la cohérence entre ses idées, le contexte dans lequel on évolue, ses valeurs, ses compétences, son mode d’organisation du travail, etc,
– Repérer le parcours : se donner un plan d’action, un calendrier et des étapes pour se lancer jusqu’au lancement de son activité
– Élargir son réseau professionnel

Chaque formation diffère selon l’association qui la délivre et le formateur ou la formatrice que vous avez avec vous. La particularité de La Marmite, par rapport aux ADEAR et aux CIVAM, c’est qu’elle n’accueille pas uniquement des porteurs de projet agricoles mais aussi des personnes qui ont un projet rural dans l’ESS. De plus l’association met fortement l’accent sur l’éducation populaire, il n’y a pas un sachant et des apprenants, les journées en présentiel sont des journées d’échange et d’ateliers avec un aiguillage par les formateur·rices. Beaucoup d’éléments de la formation, de méthodologie présentée et d’outils utilisés sont tirés des méthodes de la SCIC Kejal et de leurs formations sur la pédagogie de l’émergence.

1. Explorer toutes les dimensions de son projet

Le premier point important de la formation “De l’idée au projet” est l’accent qui est mis sur le fait d’avoir une vision et une maîtrise globale de son projet. Les premières sessions insistent sur l’importance d’identifier toutes les dimensions de notre projet et non pas de réfléchir uniquement aux valeurs éthiques ou aux aspects pratico-pratiques du modèle économique. Naturellement on a tendance (selon son caractère) à se concentrer sur une ou deux dimensions et ensuite oublier les autres. Or le projet ne peut aboutir que si toutes les sphères ont été abordées. Et la phase d’émergence est le moment idéal pour aller explorer tous les aspects. Comme il a été dit pendant une visite, “ce n’est pas quand tu es dans le jus, un an après l’installation que tu réfléchis à ta charte de valeurs et à ta mission globale”. Je me suis par exemple rendu compte que j’avais tendance à penser mon projet “hors-sol”, sans étudier sa réalité dans le territoire.

Voici un découpage possible d’un projet agricole en 5 dimensions :

  1. Éthique : vos valeurs, la mission du projet, votre charte, les objectifs
  2. Technique et opérationnelle : aspects techniques, infrastructures nécessaires, fournisseurs, public visé, etc.
  3. Productives : organisation du travail, modes de financement, aides à l’installation, débouchés, prix, etc.
  4. Structuration juridique : statut juridique, mode fiscal, gouvernance, etc.
  5. Dimension territoriale : concurrence ou complémentarité du territoire, besoins de la population, partenaires potentiels, type de débouchés existants, foncier disponible, etc.

À ces dimensions s’ajoute un autre élément essentiel : l’adéquation personne projet (quels sont vos besoins, votre capacité de travail, vos compétences actuelles et celles à acquérir, les formations agricoles à effectuer, vos projets annexes, etc.).

Les outils de visualisation graphique permettent de s’assurer que nous avons bien réfléchi à tous les éléments. Le but n’étant pas de traiter chaque point de chaque dimension en une fois mais de prendre conscience qu’il sera nécessaire, à un moment donné, de prendre en compte chaque élément.

🦔  L’Exercice de sonic… 

Notez pendant 20 minutes tout ce qui vous vient en tête au sujet de votre projet, ne vous censurez pas et faire des associations d’idées jusqu’à ce que vous n’ayez vraiment plus rien à dire. Classez ensuite tous les mots-clés en les surlignant de couleurs différentes par exemple avec une couleur par dimension et regarder le résultat : y a-t-il une dimension de votre projet que vous n’avez pas du tout évoquée ? Laquelle et pourquoi est-elle passée à la trappe ? N’y avez vous jamais pensé ? Est-ce parce que c’est un sujet sur lequel vous êtes moins à l’aise ?

Vous souhaitez pouvoir auto-évaluer la maturité de votre projet agricole ? Nous vous avons préparé un questionnaire à cet effet !

2. Faire des allers-retours entre sa feuille et le terrain

Autre élément différenciant et rafraîchissant de cette formation “De l’idée au projet” : ce n’est pas une formation qui se subit à coups de PowerPoint et de cours magistraux. Elle s’incarne ! Que ce soit par les exercices qui nécessitent du mouvement et qui permettent d’activer notre cerveau différemment, les visites de plusieurs heures faites auprès de membres du réseau de La Marmite et les stages courts que l’on est fortement encouragé·e à faire entre deux sessions en présentielles pour confronter ces idées à la réalité.

L’accent est sans cesse mis sur la nécessité de créer son réseau, de visiter de nouveaux lieux, de poser des questions aux personnes déjà en place afin de ne pas créer un projet complètement déconnecté du réel. Et puis à chaque fois que l’on va à la rencontre de projets sur le terrain, c’est important de prendre un temps pour noter et analyser les enseignements que l’on en a tirés, les interrogations que cela a suscitées ou les ressources découvertes !

🦔  L’EXERCICE DE SONIC… 

Si vous avez déjà identifié votre territoire, listez toutes les personnes ressources de ce territoire qui pourrait avoir un lien avec votre projet. En particulier, définissez une liste de projets qui ont une similarité avec le vôtre (même si le projet est différent sur certains points). Et maintenant… attrapez votre téléphone et planifiez des visites ! Tout·e seul·e ou avec d’autres porteur·ses de projet que vous connaissez ! Toutes les fermes que voudrez visiter ne seront pas forcément disponible et c’est important de les aborder avec un juste équilibre entre de la motivation et du respect pour leur temps qui, dans l’agriculture, est souvent très précieux. Donc insistez un peu et expliquez votre projet pour montrer que vous ne les contactez pas pour rien mais ne les harcelez pas pour autant. Si la ferme ou la personne ne répond pas au SMS, e-mail et coups de téléphone c’est sûrement qu’elle n’a pas le temps (ou l’envie) ! Si vous contactez suffisamment de personnes (et pas au moment le plus intense de l’année) vous réussirez sûrement à décrocher une ou deux visites. Cela vous permettra de voir la réalité terrain du territoire qui vous intéresse, de comprendre à quels acteurs la personne a fait appel et comment s’est concrétisé son projet.

Si vous n’avez pas identifié votre territoire, vous pouvez faire le même exercice mais en vous axant davantage sur les projets et leur similarité au vôtre quel que soit le lieu d’implantation. Si le projet en question est trop loin de votre lieu d’habitation, proposez un échange téléphonique. Préparez bien vos questions au préalable, vous n’êtes pas là pour raconter votre émergence de projet mais pour poser des questions spécifiques sur le projet de la personne qui vous accorde du temps. N’hésitez pas à aussi à visiter des projets autour de chez vous, toute visite sera utile du moment que vous avez préparé en amont les questions en vous renseignant sur l’endroit au préalable.

Découvrez sur La Grange une carte interactive de votre territoire avec le montant des dernières transactions foncières, les acteurs agricoles aux alentours et d’autres infos utiles !

3. Réveiller les bonnes interrogations

Si je suis rentrée dans cette formation “De l’idée au projet” avec une multitude de questions, je n’en suis pas sortie avec une foule de réponses. Et pourtant j’ai énormément avancé ! Pourquoi ? Parce que des questions en ont réveillé d’autres ! Et surtout j’ai l’impression d’avoir fait émerger les bonnes interrogations pour avancer dans mon projet. Et je sais qu’au fur et à mesure des points d’étapes que j’ai posé sur le papier certaines questions vont se résoudre et d’autres vont se former. C’est important d’accepter que tout au long du parcours, de nombreuses questions vont apparaître et qu’on ne pourra pas les résoudre tout de suite.

Une chose est sûre, si vous ne vous posez quasiment aucune question sur votre projet agricole, c’est que vous devez absolument aller faire cette formation “De l’idée au projet” car un projet sans doutes, zones de flou et interrogations n’existe pas ! Donc n’ayez pas peur des questions ouvertes, vous les fermerez en temps et en heure.

🦔  L’exercice de Sonic… 

Sur une feuille, lâchez-vous et notez toutes les questions qui vous viennent en tête. Ensuite essayez de distinguer celle qui touchent à vos peurs (est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je vais gagner assez d’argent pour vivre ?) et celles qui touchent à un domaine pratique (de quel système d’arrosage vais-je avoir besoin ?). Pour les dernières déterminez quand, dans votre parcours d’émergence puis d’installation vous devrez y répondre. Pour les premières, essayez d’identifier à quelles peurs ou craintes elles font écho et cherchez les éléments qui pourraient vous rassurer.

4. Profiter du groupe

“De l’idée au projet” est une formation qui se fait en groupe. Vous pourriez penser que cela en minimise la portée, qu’un projet se construit plutôt dans des formations individuelles ou seul car cela permet d’être plus efficace et de ne pas travailler sur d’autres projets que le sien. Il est évident que sur certains éléments vous devez faire le travail seul·e ou être accompagné·e individuellement. Cependant à ce stade de votre projet, celui de l’émergence, l’apport du groupe est extrêmement enrichissant.

 

  • Tout d’abord vous découvrez les projets d’autrui et via ceux-ci d’autres manières de voir, de procéder ou de prendre les décisions. Si vous avez un projet de paysan boulanger vous pouvez vous dire qu’un projet de jardin maraîcher pédagogique est à 1000 lieues du vôtre. Et pourtant la personne qui porte ce projet aura peut-être une approche de la communication autour dudit projet qui pourra vous aider pour le vôtre. Ce n’est qu’un exemple, mais plusieurs fois je me suis retrouvée à prendre des notes sur les autres projets qui m’entouraient car certaines réflexions ou idées éclairaient les miennes. Si vous connaissez peu votre territoire et que certaines personnes de la formation y sont depuis une dizaine d’années, ils ou elles auront beaucoup d’informations précieuses à vous transmettre !
  • Faire une formation en groupe c’est aussi faire les visites à plusieurs, celles organisées par la formation ou celles que l’on organise ensemble, et cela apporte beaucoup de valeur ajoutée : déjà un·e agriculteur·rice se rendreq plus facilement disponible pour un groupe qui fait des visites dans le cadre d’une formation (même si ce n’est pas organisé par la formation). De plus, ceux et celles qui vous accompagnent penseront sûrement à des questions que vous n’aviez pas envisagées. Vous retirerez donc davantage d’informations de la visite que si vous n’aviez été seul·e.
  • Ensuite, autre point très positif à la formation de groupe : celui du soutien moral ! On en parlera un peu plus tard mais la courbe de progression d’un projet n’est absolument pas une courbe en croissance permanente, il y aura forcément des moments de doute et de mou et ce même au cours des trois mois de formation. Avoir un groupe à qui vous pouvez confier vos doutes et moments de découragement est un atout précieux. Étant eux-mêmes porteurs de projet agricoles, ils sauront comprendre ce que vous traversez et vous épauler. Le groupe pourra aussi réfléchir ensemble à trouver une solution à un point bloquant particulier et mettre à profit l’intelligence collective pour vous faire avancer !
  • Dernier volet qui fait pour moi la force d’une formation en groupe c’est que vous vous retrouvez régulièrement à expliquer votre idée à plusieurs personnes différentes et sous des formats et des angles différents. Et au fur et à mesure de votre formation vous verrez votre formulation évoluer. Cela vous force à structurer et penser suffisamment votre projet pour qu’il soit intelligible et compréhensible par autrui. Et faire cela vous permet de mettre le doigt sur des zones confuses de vos idées et les travailler davantage. Le groupe vous posera aussi de nombreuses questions et c’est un excellent exercice pour s’assurer que vous couvrez bien tous les aspects de votre idée. Enfin, ce groupe, n’est pas constitué de vos ami·es ou vos proches, donc même si tout se fait avec beaucoup de bienveillance ils n’ont aucune obligation affective de soutenir votre projet et de ne pas émettre des remarques sur sa viabilité ou pertinence. Cela permet d’avoir un avis extérieur de personnes qui ne vous connaissent pas et donc qui voient uniquement ce que vous mettez sur la table. Et c’est un très bon entraînement pour de futures présentations devant les acteurs du monde agricole !

🦔  L’exercice de Sonic… 

Choisissez 2 ou 3 personnes de votre entourage qui ne connaissent pas encore votre projet ou pas très bien. Maintenant faites avec chacun·e d’entre eux/elles un exercice :

1- Vous avez 2 minutes pour présenter votre projet sans aucune interruption ;

2- Ensuite la personne a 1 minute pour restituer ce qu’elle a compris, à nouveau sans aucune interruption de votre part ;

3- Vous pouvez ensuite échanger sur le sujet pendant trois minutes au cours desquelles vous pouvez clarifier des éléments et elle peut vous poser des questions.

Cela vous permettra d’évaluer votre capacité à présenter votre projet rapidement à différent·es interlocuteur·rices. Cela vous permet également de juger de la clarté de vos idées et de votre capacité à expliquer des éléments qui peuvent paraître abscons pour des personnes non initiées. Répétez l’exercice régulièrement pour voir comment votre projet et votre présentation évoluent !

5. Garder l’élan

L’avantage d’une formation comme “De l’Idée au projet” c’est qu’elle nous permet de nous concentrer sur notre projet pendant plusieurs journées en nous détachant de notre quotidien et de nos autres impératifs. Cette dynamique est très bénéfique à votre projet et elle est plus compliquée à garder une fois la formation terminée et que vous vous retrouvez à nouveau seul et dans votre rythme habituel.

Tout d’abord c’est normal que le rythme d’avancée ralentisse un peu après la formation, vous avez aussi besoin d’un peu de temps pour intégrer les enseignements de la formation. Mais c’est important, qu’au cours de la formation vous mettiez en place des outils pour pouvoir garder le dynamisme et continuer à faire avancer votre projet agricole.

Déjà, si l’on ne vous l’a pas demandé pour la formation, forcez-vous à construire un petit dossier écrit qui reprend les grandes lignes de votre projet post-formation. Qu’avez-vous retiré des visites et des éventuels stages ? Quelle dimension vous faut-il travailler ? Relisez le dossier tous les deux mois et mettez-le à jour : qu’est ce qui a changé, quelles nouvelles informations avez-vous trouvées ? Quelles rencontres avez-vous faites ?

Continuer à rencontrer des personnes, passer des coups de fil, envoyer des mails : multipliez les contacts dans le monde agricole pour mieux saisir les subtilités du parcours d’installation mais aussi de l’activité agricole à laquelle vous vous destinez. C’est important de rester dans cette dynamique active de rencontres ! Si possible, gardez contact avec votre promo, à plusieurs c’est plus simple de se motiver pour avancer, prévoyez des moments de rencontre et de bilan peut être un bon moyen de se forcer à avancer dans son coin.

Et surtout fixez-vous des échéances ! Anticipez les prochaines étapes et donnez-vous des dates butoirs pour avoir des objectifs clairs.

🦔  L’exercice de Sonic… 

Fixez-vous un bon nombre d’étapes intermédiaires ! Cela vous permettra de vous concentrer vos efforts sur des petits objectifs clairs et vous donnera la motivation de “cocher des cases” et pas juste l’impression que rien n’avance en vu de votre objectif principal.

Pour vous aider dans la définition de ces objectifs intermédiaires, nous avons conçu un tableau de bord de l’installation agricole sur la plateforme La Grange. Vous pouvez personnaliser le tableau, y ajouter vos propres actions et visualiser clairement votre progression !

Vous souhaitez pouvoir suivre votre projet d’installation avec des outils dédiés ?

6. Accepter le rythme du projet

Comme pour tout projet, un projet d’installation agricole suit une courbe de progression qui est tout sauf linéaire. Certain·es y associent un rythme sinusoïdal : des hauts (concrétisation, passage d’une étape, enthousiasme, énergie, etc.) et des bas (retard, déception, obstacle financier, baisse de motivation, doute, manque d’énergie, etc.) avant d’arriver à l’objectif. Nous préférons y associer une courbe “en hélice”, sur le même principe de l’agriculture synthropique : chaque boucle amène un peu plus haut et chaque ralentissement nous fait descendre un peu moins bas ! Car il est rare de faire un retour en arrière total sur un projet, en général vous aurez progressé sur de nombreux aspects.

Lors des moments de doute et de ralentissements, remémorez-vous le point de départ et listez toutes les avancées que vous avez faites sur les différentes dimensions du projet, ne serait-ce que sur la connaissance de vous-même !

🦔  L’exercice de Sonic… 

Entourez-vous de porteurs de projet agricoles ! Échangez régulièrement avec des personnes qui sont dans ces étapes de construction de projet et d’installation peut vous apporter beaucoup en termes de soutien quand vous avez l’impression que rien n’avance. Chacun·e à leur échelle, ils font face aux mêmes difficultés et doutes que vous. Jetez un œil aux programmes des ADEAR et CIVAM de votre territoire, ils organisent régulièrement des cafés discussions entre porteurs de projet.

Si vous avez fait une formation “De l’Idée au projet” ou une autre formation agricole, essayez de garder des liens avec votre promo, peut être en organisant des réunions régulières (tous les deux mois par exemple) pour faire des points d’étape à plusieurs.

Parfois, il est difficile de rencontrer des porteurs et porteuses de projet qui sont dans notre région ou sur les mêmes activités que nous. Vous pouvez en retrouver un grand nombre dans la communauté La Grange sur l’outil de discussion Discord.

Marguerite Legros

Marguerite est à la fois responsable du contenu chez FEVE et en cours d’installation en fleurs coupées dans le Morbihan. Avec cette double casquette, elle alterne entre rédaction d’articles sur les problématiques du monde agricole, animation de la communauté de porteurs de projets. Dans le cadre de son installation elle a suivi la formation De l’Idée au projet et en parle dans cet article.

Crédits photos : Marguerite Legros et Rébecca Trouslard