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Analyse de l’étude de FEVE sur les enjeux et difficultés à l’installation agricole

par | 8 Juin 2021 | Tendances

Cet article vise à partager les enseignements que nous avons tirés d’une étude des besoins à l’installation agricole menée ces derniers mois.  Elle a pour objectif de comprendre quelles sont les difficultés à l’installation rencontrées par les porteur·ses de projet afin de mieux les accompagner dans ce processus. 

L’étude a été menée auprès de 550 porteur·ses de projet ayant un projet d’installation agricole en France. Parmi elles et eux, 75% d’entre eux souhaitent s’installer dans les 5 prochaines années dont 35% d’ici fin 2021. 

[Nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que cette étude a été publiée sur une diversité de canaux – principalement digitaux: newsletters, réseaux sociaux, etc… – en majorité tournés vers une agriculture agroécologique. Il est donc important de garder ce filtre en tête et ne pas en tirer des généralités pour le monde agricole.]

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger gratuitement l’analyse que nous avons faite de l’étude menée auprès de 550 porteur•ses de projet.

EN BREF…

L’étude des besoins a été menée entre octobre 2020 et mai 2021 auprès de 550 porteur·ses de projet qui souhaitent s’installer dans les 5 prochaines années sur le territoire métropolitain Français. 

Sur le profil des porteur·ses de projet nous retenons que 80% sont en reconversion professionnelle et une grande majorité souhaite intégrer un atelier de maraîchage au sein de leur projet d’installation.

Parmi les principales difficultés exprimées par les porteur•ses de projet en vue de leur installations, il apparaît que :

Sur l’accès au foncier, 67% des répondant·es ne possèdent pas de foncier agricole. La moitié d’entre eux souhaitent acheter un terrain. Parmi elles·eux 60% rencontrent des difficultés quant à l’accès au foncier, et plus globalement 42% craignent un endettement lié à un investissement de départ trop conséquent. 

Sur la formation, 69% ont ou sont en cours de validation d’un diplôme agricole, 83% ont une expérience professionnelle dans le milieu agricole; néanmoins, 41% s’inquiètent d’un manque de compétences en vue de leur installation. 

Sur le mode d’installation, plus de la moitié des porteur·ses de projet interrogés souhaitent s’installer à plusieurs (8% en famille , 23% en couple et 29% en collectif hors cadre familial). La moitié d’entre eux émettent néanmoins des difficultés à trouver des associés.

Sur la viabilité de l’activité, 44% des 550 porteur·ses de projet craignent ne pas pouvoir se payer correctement. Ils ont également émis être soucieux des différents aléas (climatiques, de production et commerciaux) et de ne pas réussir à structurer une activité viable. Au regard de ces problématiques, 58% estiment qu’une des solutions réside dans la possibilité de se faire accompagner par des organismes référents. 

Afin d’avoir une compréhension plus fine des problématiques et possibilités auxquelles fait face chaque répondant·e, nous vous présentons dans l’article ci-dessous ces résultats analysés sous le prisme des différentes catégories de porteur·se de projet (installation à plusieurs hors cadre familial, en couple, en famille et seul·e).

Un aperçu de qui sont ces porteur·ses de projet

Des porteur·ses de projet...

…en reconversion professionnelle

Parmi les répondant·es 80% sont des porteur·ses de projet en reconversion professionnelle.

…accumulant une formation et une expérience professionnelle agricole

83% d’entre elles·eux ont déjà eu une expérience professionnelle dans une ferme. 

Une grande majorité des porteur·ses de projet possèdent déjà ou s’engagent à passer un diplôme agricole. Parmi elles et eux 69% d’entre eux ont ou sont en cours d’obtention d’un diplôme agricole en vue de l’installation.

diplome agricole
amaranthe

A quoi ressemblent leur projet de demain?

Une tendance aux projets diversifiés intégrant une activité maraîchère 

Pour 78% des répondant·es, le maraîchage est l’une des productions envisagées sur la ferme. Parmi les ateliers de production complémentaires pouvant être envisagés on y retrouve l’élevage (principalement ovin, caprin, avicole et bovin), de l’arboriculture, de l’apiculture ainsi qu’une production céréalière. Ils souhaitent également développer des unités de transformation sur site, que ce soit pour les légumes et fruits, les céréales ou les produits issus des animaux d’élevage (lait, fromage, viande).
L’accueil pédagogique et l’hébergement à la ferme sont également des activités venant s’associer à l’activité de production. 

Ateliers souhaités ( maraichage, élevage, arboriculture, grandes cultures, transformation à la ferme, commercialisation, accueil formation séminaire, autre)

Suivant un modèle agricole engagé pour la préservation de la nature

La grande majorité des porteur·ses de projet qui ont répondu à l’étude des besoins souhaitent s’installer sous un modèle agricole respectueux de la nature. 58% des répondant·es qui souhaitent s’installer en Bio et 54% en agriculture de conservation. 

pratiques envisagées

Des modes d’installation variés

60% des porteur·ses de projet de notre étude souhaitent s’installer à plusieurs. Au sein de ce groupe apparaissent 3 catégories : 23% envisagent de s’installer en couple, 8% en famille et 29% à plusieurs en hors cadre familial.

mode d'installation envisagée

Achat ou location ?

67% d’entre eux ne possèdent pas de foncier agricole. 51% de ceux qui n’ont pas de foncier agricole souhaitent acheter un terrain. 

choix du foncier

Maintenant que nous en savons plus sur le profil de ces porteur·ses de projet, découvrons quelles sont les craintes et difficultés auxquelles ils font face.

Les difficultés et craintes rencontrées par les porteur·ses de projet

Les porteur·ses de projet estiment difficile…

…l’accès au foncier

60% des porteur·ses de projet rencontrent des difficultés quant à l’accès au foncier. 

Le grain de sel de FEVE

Pour les porteur·ses de projet ayant indiqué rencontrer des difficultés d’accès au foncier, cela peut s’entendre de différentes manières: 

  • La difficulté à trouver du foncier. Il s’agit ici non seulement de connaître la diversité des canaux de recherche du foncier mais également de trouver du foncier qui s’accorde avec les critères définis par la·le/les porteur·ses de projet en amont. 
  • La difficulté de financer le foncier.  Pour une ferme moyenne de 60 hectares en France c’est près de 500 000 à 1 million d’euros à débourser pour l’achat des terres et des bâtiments attenants (sans compter l’investissement nécessaire pour les outils de production). Sans faire appel à des financements externes il est difficile pour les porteur·ses de projet de concrétiser leur installation.

…l’accès aux financements

Un deuxième défi est celui de l’accès aux financements. 54% des porteur·ses de projet estiment que cela constitue une problématique à adresser sur le court ou moyen terme. 

Le grain de sel de FEVE

Pour les porteur·ses de projet ayant déclaré qu’avoir accès aux financements était une difficulté, cela peut se comprendre de différentes manières. 

  • La complexité d’avoir accès à des informations concernant les financements potentiels. Chiffrer ses besoins et identifier quelles sont les pistes pour financer non seulement le foncier mais aussi les outils de production requièrent une bonne connaissance de l’écosystème installation transmission de sa région. 
  • Le processus d’obtention des financements est également un défi identifié par les porteur·ses de projet. Il est perçu comme long et complexe et impose souvent des critères de sélection stricts. Pour tous et toutes porteur·ses de projet qui souhaiteraient faire appel à des financements, renseignez-vous auprès de votre conseiller PAI pour voir quelles options seraient envisageables dans votre cas particulier.

Les porteur·ses de projet craignent…

… de ne pas pouvoir se payer correctement

La première crainte partagée par 44% des 550 porteur·ses de projet est celle de ne pas pouvoir se payer correctement.

…d’un investissement trop lourd 

L’apport d’investissement du départ fait également peur à de nombreuse·x porteur·ses de projet. 42% déclarent craindre le fait de s’endetter lorsqu’ils se projettent dans leur projet d’installation. 

Le grain de sel de FEVE

Concrètement, se cachent derrière les enjeux financiers, l’endettement potentiel des porteur·ses de projet et celui de ne pas avoir un modèle économique rentable. L’endettement est souvent de deux origines: le foncier et l’outil de production, mais in fine l’endettement pose surtout problème lorsque les porteur·ses de projet n’ont pas une viabilité économique de l’exploitation qui leur permet de rembourser les prêts et répondre aux attentes des financeurs.  Ainsi construire son business plan en intégrant ces éléments, mesurer la viabilité de son projet et s’y tenir est primordial pour vaincre la peur de l’endettement.

Vous souhaitez en savoir plus sur les difficultés que perçoivent ou anticipent les porteurs de projet à l’installation agricole ainsi que les solutions envisagées pour y répondre, n’hésitez pas à télécharger gratuitement notre rapport de l’étude menée auprès de 550 porteur·ses de projet. 

Quelles solutions FEVE apporte pour répondre aux difficultés exprimées par ces porteur·ses de projet?

  • FEVE facilite l’accès au foncier en faisant appel à l’épargne citoyenne pour financer la reprise de fermes. Nous mettons ainsi les terres à disposition de porteur·ses de projet via un bail rural environnemental avec option d’achat ;
  • FEVE accompagne également les porteur·ses de projet dans leur projet d’installation – en particulier sur les aspects juridiques et humains – en collaboration avec les acteurs départementaux et régionaux ;
  • Enfin FEVE favorise la mise en relation entre porteur·ses de projet qui recherchent des associés avec lesquels mutualiser un bout de terrain, d’activité ou de vie..! 

Pour vous aider dans vos étapes d’installation l’équipe de FEVE vous a également concocté quelques guides à aller consulter sans modération dans la rubrique “Guides pratiques”. Parmi eux:

Vous souhaitez en savoir plus sur nos services et discuter de votre projet d’installation, vous pouvez prendre rendez-vous avec nous ici.

Nous vous avons fait part des premiers résultats tirés d’une étude menée auprès de 550 porteur·ses de projet. Toujours dans cette même optique d’accompagner au mieux les porteur·ses de projet il est particulièrement important pour nous de continuer à être à l’écoute des besoins des candidats à l’installation. Si vous souhaitez nous en dire plus sur votre projet et les difficultés que vous rencontrez pour le concrétiser, nous vous invitons à
répondre à ce court formulaire

Qui a écrit cet article ?

Joséphine Liu

Joséphine Liu

Stagiaire chez Fermes En ViE

Diplomée de Sciences Po Paris et d’un Mastère spécialisé sur l’agriculture et l’alimentation durable (IPAD) à Montpellier SupAgro, Joséphine s’intéresse tout particulièrement à la sociologie rurale pour mieux comprendre les enjeux autour de l’installation des nouvelles générations d’agriculteur·rices. Elle a analysé les résultats de l’étude des besoins pour vous en extraire les principales conclusions.

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