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Mis à jour le

20/5/2026

Le guide des assurances récoltes

Assurance récolte : fonctionnement, garanties, aides publiques, cultures concernées et conseils pour choisir un contrat adapté à votre ferme.

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Sommaire

Face au gel, à la grêle, à la sécheresse ou aux excès d’eau, l’assurance récolte peut aider les agriculteurs à sécuriser leur revenu en cas d’aléa climatique. Fonctionnement, garanties, aides publiques, critères de choix : ce guide fait le point pour mieux comprendre les assurances récoltes et savoir si elles sont adaptées à votre ferme.

Sommaire

Le guide des assurances récoltes

Introduction

Gel tardif, grêle, sécheresse, excès d’eau… Les aléas climatiques peuvent fragiliser rapidement le revenu et la trésorerie d’une ferme. Dans ce contexte, l’assurance récolte devient un outil important pour mieux gérer le risque et sécuriser son activité.

Mais toutes les assurances récoltes ne se valent pas, et toutes les fermes n’ont pas les mêmes besoins. Que couvre vraiment une assurance récolte ? Comment savoir si elle est adaptée à son exploitation ? Quels critères comparer avant de souscrire ? Ce guide fait le point pour vous aider à y voir plus clair.

Assurance récolte : à quoi ça sert vraiment ?

L’assurance récolte sert à protéger une exploitation agricole contre les conséquences économiques d’un aléa climatique. Elle permet de limiter l’impact d’une mauvaise année sur le revenu de la ferme, lorsque les cultures sont touchées par un événement comme le gel, la grêle, la sécheresse, un excès d’eau ou une tempête.

Depuis la réforme mise en œuvre à partir de la campagne 2023, le dispositif français repose sur une logique de partage du risque entre l’agriculteur, l’assurance privée et la solidarité nationale.

Protéger sa ferme contre les pertes liées aux aléas climatiques

L’assurance récolte permet de couvrir une partie des pertes lorsque les conditions prévues au contrat sont réunies. Elle s’inscrit dans un système dit “à trois étages” :

  • les pertes courantes restent à la charge de l’exploitation ;
  • les pertes plus importantes peuvent être couvertes par l’assurance récolte ;
  • les pertes exceptionnelles peuvent relever de l’Indemnité de Solidarité Nationale.

Ce point est important : un agriculteur assuré est généralement mieux protégé qu’un agriculteur non assuré en cas de pertes exceptionnelles. Selon le ministère de l’Agriculture, lorsqu’un agriculteur est assuré, l’indemnisation peut couvrir 100 % du troisième étage, avec 90 % pris en charge par l’État et 10 % par l’assureur.

Protéger sa ferme contre les pertes liées aux aléas climatiques

Ce que l’assurance récolte peut couvrir : rendement, resemis, frais complémentaires

Selon les contrats, l’assurance récolte peut couvrir différents types de pertes ou de frais.

Le premier niveau concerne généralement les pertes de rendement. Si une culture produit beaucoup moins que prévu à cause d’un aléa climatique couvert par le contrat, l’assurance peut indemniser une partie de la perte. Le calcul dépend alors de plusieurs éléments : le rendement de référence, le niveau de perte constaté, le prix assuré, la franchise et les garanties choisies.

Certains contrats peuvent aussi prévoir une prise en charge des frais de resemis. C’est utile lorsque l’aléa intervient tôt dans la saison et oblige l’agriculteur à ressemer une parcelle. Dans ce cas, le coût supplémentaire peut être important : nouvelles semences, passage de matériel, temps de travail, carburant, adaptation de l’itinéraire technique.

D’autres garanties peuvent couvrir des frais complémentaires, par exemple des frais supplémentaires de récolte ou certaines conséquences indirectes de l’aléa, selon les conditions prévues au contrat.

Les principales cultures concernées : grandes cultures, prairies, vignes, vergers, maraîchage

L’assurance récolte peut concerner de nombreuses productions agricoles, mais les besoins varient fortement selon les cultures et les territoires.

En grandes cultures, les céréales, oléagineux, protéagineux ou cultures industrielles peuvent être exposés à la sécheresse, aux excès d’eau, à la grêle ou aux températures extrêmes.

Pour les prairies, l’enjeu est souvent lié à la pousse de l’herbe et à la constitution des stocks fourragers. En cas de sécheresse, une baisse de production peut entraîner des coûts supplémentaires, notamment pour l’achat de fourrage.

En viticulture et en arboriculture, les risques de gel ou de grêle peuvent avoir des conséquences fortes sur le volume récolté, parfois en quelques heures seulement. Ces cultures sont d’autant plus sensibles que les investissements à l’hectare peuvent être importants.

Le maraîchage et les cultures spécialisées peuvent également être concernés, avec des situations très variables selon les espèces cultivées, les modes de production, la valeur ajoutée des cultures et leur exposition aux excès d’eau, au gel ou aux fortes chaleurs.

Pourquoi l’assurance récolte est devenue un sujet clé pour les agriculteurs ?

Si l’assurance récolte prend aujourd’hui plus de place dans les discussions agricoles, ce n’est pas seulement à cause de la réforme de 2023. C’est aussi parce que les aléas climatiques deviennent plus fréquents, plus coûteux et plus difficiles à anticiper.

Des épisodes climatiques plus fréquents et plus difficiles à anticiper

Les agriculteurs travaillent depuis toujours avec la météo. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est l’intensité, la fréquence et parfois l’imprévisibilité des épisodes climatiques.

En France hexagonale et en Corse, le réchauffement attribué aux activités humaines atteint +1,9 °C par rapport à la période préindustrielle, selon Météo-France. L’année 2024 a aussi été marquée par d’abondantes précipitations : elle fait partie des 10 années les plus pluvieuses à l’échelle nationale, avec +15 % de précipitations par rapport à la normale.

Pour une ferme, cette variabilité complique les choix techniques et économiques. Une campagne peut être marquée par un excès d’eau, la suivante par une sécheresse, puis par un épisode de gel tardif ou de grêle. Il devient donc plus difficile de raisonner uniquement à partir d’une “année moyenne”.

Une mauvaise récolte peut fragiliser tout l’équilibre économique d’une ferme

Une perte de récolte n’a pas seulement un impact sur le volume produit. Elle peut fragiliser l’ensemble de l’équilibre économique de la ferme : chiffre d’affaires, trésorerie, remboursement des emprunts, capacité à investir, achat d’aliments ou de fourrages, paiement des charges courantes.

L’exemple de la sécheresse de 2022 montre l’ampleur que peuvent prendre ces impacts. D’après une publication du Commissariat général au développement durable, la baisse de rendement agricole attribuable à cette sécheresse s’est traduite par une perte de production estimée à 1,1 milliard d’euros par rapport à la moyenne 2017-2021, soit une perte de valeur ajoutée agricole de 459 millions d’euros.

Crédit : Science et Vie

Un sujet encore insuffisamment anticipé

Avant la réforme de 2023, la couverture restait limitée. La Banque de France rappelle que seules 13,3 % des exploitations agricoles étaient assurées en 2020, contre 12 % en 2016.

Ce chiffre montre que l’assurance récolte reste un sujet à mieux intégrer dans la gestion des risques agricoles. Pour les fermes déjà installées comme pour les porteurs de projet, l’enjeu n’est pas de s’assurer “par principe”, mais de comprendre à partir de quel niveau de risque une couverture devient pertinente.

Assurance grêle, multirisque climatique, assurance paramétrique : quelles différences ?

Toutes les assurances récoltes ne fonctionnent pas de la même manière. Certaines couvrent un risque précis, comme la grêle. D’autres protègent contre plusieurs aléas climatiques. D’autres encore reposent sur des indicateurs objectifs, par exemple un niveau de pluie, une température ou un indice de sécheresse.

Comprendre ces différences est essentiel pour choisir une couverture adaptée à sa ferme, à ses cultures et à son niveau d’exposition.

L’assurance grêle : une protection ciblée contre un risque précis

L’assurance grêle est l’une des formes les plus connues d’assurance récolte. Elle vise un risque bien identifié : les dégâts causés par un épisode de grêle sur les cultures.

Selon les contrats, cette assurance peut couvrir uniquement la grêle ou être associée à d’autres risques proches, comme la tempête. Elle peut être intéressante pour des cultures particulièrement exposées ou à forte valeur ajoutée, mais elle reste plus limitée qu’une assurance multirisque climatique, car elle ne couvre pas nécessairement d’autres événements comme la sécheresse, le gel ou l’excès d’eau.

Crédit : Meteo France

L’assurance multirisque climatique : une couverture plus large

L’assurance multirisque climatique, souvent appelée MRC, couvre plusieurs aléas climatiques dans un même contrat. Elle peut notamment concerner le gel, la grêle, la sécheresse, l’excès d’eau, la tempête ou encore les fortes températures, selon les garanties prévues.

C’est aujourd’hui l’un des principaux outils d’assurance récolte en France. France Assureurs rappelle que la multirisque climatique s’inscrit dans le dispositif global d’indemnisation des pertes de récoltes liées aux aléas climatiques, avec une intervention possible lorsque la perte dépasse 20 % pour les agriculteurs assurés.

La multirisque climatique est donc plus large qu’une assurance grêle. Elle peut être plus adaptée lorsque l’exploitation est exposée à plusieurs types de risques. En revanche, elle doit être regardée attentivement : cultures couvertes, franchise, rendement de référence, prix assuré, seuils de déclenchement et exclusions peuvent varier d’un contrat à l’autre.

L’assurance paramétrique : une indemnisation déclenchée par des indicateurs objectifs

L’assurance paramétrique, aussi appelée assurance indicielle, fonctionne différemment d’une assurance classique. Elle ne repose pas uniquement sur l’estimation des dégâts observés sur la parcelle, mais sur le déclenchement d’un indicateur défini à l’avance dans le contrat.

Cet indicateur peut être, par exemple, un niveau de pluie, une température, un taux d’humidité, un indice de sécheresse ou un autre paramètre climatique mesurable. Si le seuil prévu au contrat est atteint, l’indemnisation peut être déclenchée selon les modalités définies en amont. Mutualia décrit ainsi l’assurance paramétrique agricole comme un contrat lié à un indice climatique, avec un montant forfaitaire prévu à l’avance, contrairement à une assurance classique qui indemnise les pertes réellement constatées après sinistre.

Son principal intérêt est la lisibilité : les règles de déclenchement sont connues dès le départ. Elle peut aussi permettre une indemnisation plus rapide, car elle dépend d’un indicateur objectif plutôt que d’une expertise de terrain classique. En contrepartie, il faut vérifier que l’indice choisi reflète réellement le risque vécu par la ferme. Si l’indicateur ne correspond pas assez finement à la réalité de la parcelle ou du système de production, l’indemnisation peut ne pas coïncider parfaitement avec les pertes subies.

Assurance récolte : comment savoir si elle est adaptée à ma ferme ?

Souscrire une assurance récolte n’est pas une décision automatique. Il faut comparer le niveau de risque réel de la ferme, sa capacité à absorber une mauvaise année et le poids économique des cultures concernées.

Identifier les cultures les plus exposées et les plus stratégiques

La première question à se poser est simple : quelles cultures mettraient réellement la ferme en difficulté si elles étaient fortement touchées ?

Il peut s’agir des cultures les plus exposées aux aléas climatiques : une parcelle sensible au gel, une zone régulièrement touchée par la grêle, des terres séchantes, des prairies fragiles en période de sécheresse, ou des cultures vulnérables aux excès d’eau.

Mais il faut aussi regarder les cultures les plus stratégiques économiquement. Une production peut ne pas représenter la majorité des surfaces, mais peser fortement dans le chiffre d’affaires, la marge ou l’équilibre du système. C’est souvent le cas de certaines cultures spécialisées, de la vigne, de l’arboriculture, ou de productions maraîchères à forte valeur ajoutée.

L’objectif n’est donc pas forcément de tout assurer de la même manière, mais de hiérarchiser les risques.

Assurance récolte : comment savoir si elle est adaptée à ma ferme ?

Évaluer le niveau de perte que la ferme peut absorber

Une assurance récolte doit aussi être pensée en fonction de la capacité de résistance économique de l’exploitation. Toutes les fermes ne peuvent pas absorber le même niveau de perte.

Une exploitation avec une trésorerie solide, des productions diversifiées et peu d’annuités n’aura pas la même sensibilité qu’une ferme en phase d’installation, avec des investissements récents, des emprunts à rembourser et une marge de sécurité limitée.

La bonne question est donc : jusqu’où la ferme peut-elle encaisser une mauvaise année sans remettre en cause son équilibre ? Une baisse modérée de rendement peut parfois être absorbée. Une perte importante, en revanche, peut fragiliser le paiement des charges, l’achat d’aliments ou de fourrages, les remboursements d’emprunt ou les investissements prévus.

Comparer le coût de la cotisation avec le risque réel

Le coût d’une assurance récolte doit toujours être mis en regard du risque couvert. Une cotisation peut sembler élevée si l’on raisonne uniquement en année normale. Elle peut devenir plus compréhensible si l’on regarde ce qu’une mauvaise année coûterait réellement à l’exploitation.

Il faut aussi tenir compte des aides publiques. Le site Mes Démarches du ministère précise que l’aide à l’assurance récolte repose sur un taux unique de 70 % pour les garanties éligibles, avec des conditions liées au capital assuré et aux seuils de déclenchement selon les contrats et les cultures.

Ne pas raisonner uniquement en moyenne, mais aussi en année difficile

Le piège, lorsqu’on évalue une assurance récolte, est de raisonner uniquement à partir d’une année moyenne. Or l’assurance sert justement à protéger la ferme lorsque la campagne ne se passe pas comme prévu.

Une approche utile consiste à tester plusieurs scénarios : une année normale, une année avec une baisse de rendement modérée, puis une année vraiment difficile. Pour chaque scénario, il faut regarder l’effet sur le chiffre d’affaires, la trésorerie, les charges incompressibles et la capacité à poursuivre les investissements.

Cette logique est particulièrement importante pour les personnes qui s’installent. Les premières années, le modèle économique est souvent plus fragile : les charges sont déjà là, mais les rendements, les débouchés et l’organisation technique peuvent encore être en phase de stabilisation.

Comment choisir un contrat d’assurance récolte ?

Choisir une assurance récolte ne consiste pas seulement à comparer des tarifs. Deux contrats peuvent afficher une cotisation proche, mais offrir des niveaux de protection très différents. Avant de signer, il faut regarder ce qui est réellement couvert, à partir de quel niveau de perte, avec quelle franchise, et selon quelles modalités d’indemnisation.

Comparer les garanties, les franchises et les exclusions

Le premier réflexe est de comparer les garanties. Il faut vérifier quels aléas climatiques sont couverts : grêle, gel, sécheresse, excès d’eau, tempête, fortes températures, humidité excessive, etc.

La franchise est tout aussi importante. Elle correspond à la part de perte qui reste à la charge de l’exploitation avant le déclenchement de l’indemnisation. Une franchise plus basse peut offrir une meilleure protection, mais elle peut aussi augmenter le coût de la cotisation. À l’inverse, une franchise plus élevée peut réduire le prix du contrat, mais laisser une part plus importante du risque à la charge de la ferme.

Il faut enfin lire attentivement les exclusions. Certaines situations peuvent ne pas être couvertes, ou seulement dans des conditions précises. C’est souvent dans ces détails que se joue la différence entre un contrat rassurant sur le papier et un contrat réellement utile en cas de sinistre.

Vérifier le rendement de référence et le capital assuré

Le rendement de référence est un élément central du contrat. Il sert de base pour mesurer la perte subie en cas d’aléa. Si ce rendement est mal évalué, l’indemnisation peut être moins adaptée à la réalité économique de la ferme.

Le capital assuré doit aussi être regardé de près. Il correspond à la valeur protégée par le contrat. Dans le cadre des garanties éligibles à l’aide publique, le ministère précise que le capital assuré doit être compris entre 60 % et 120 % d’un barème. Ce point est important, car il encadre le niveau de protection subventionnable.

Regarder les modalités d’expertise et d’indemnisation

Un bon contrat ne se juge pas seulement au moment de la souscription. Il se juge aussi au moment du sinistre.

Il faut donc comprendre comment les pertes seront évaluées : expertise sur le terrain, données climatiques, indice de pousse pour certaines prairies, ou indicateur objectif dans le cas d’une assurance paramétrique. Les délais de déclaration, les justificatifs à fournir et les étapes d’indemnisation doivent être clairs dès le départ.

Pour une ferme en tension de trésorerie, la rapidité et la lisibilité de la procédure peuvent compter autant que le niveau théorique de couverture.

S’assurer que le contrat est éligible aux aides publiques

Tous les contrats ne donnent pas automatiquement droit aux aides publiques. Pour bénéficier de la prise en charge partielle de la cotisation, il faut souscrire un contrat éligible, respectant les critères définis dans le cadre de la PAC.

Le ministère indique que l’aide à l’assurance récolte repose sur un taux unique de 70 % pour les garanties éligibles. Ces garanties doivent respecter certains paramètres, notamment sur le capital assuré, les franchises et les seuils de déclenchement.

Il faut également vérifier que l’assureur fait partie des entreprises habilitées. Le ministère publie la liste des entreprises autorisées à commercialiser des contrats d’assurance récolte éligibles à une prise en charge partielle des primes ou cotisations. Cette liste est à vérifier au moment de comparer les offres, car elle peut évoluer selon les campagnes.

Se tourner vers les bons interlocuteurs

Comparer seul des contrats d’assurance récolte peut vite devenir complexe. Les garanties, les franchises, les seuils, les exclusions et les modalités d’indemnisation ne sont pas toujours faciles à lire, surtout lorsqu’on s’installe ou que l’on fait évoluer son système de production.

Il peut donc être utile de se tourner vers des interlocuteurs spécialisés : assureurs agricoles, conseillers de gestion, chambres d’agriculture, centres de gestion, ou acteurs dédiés à l’assurance climatique agricole.

L’enjeu n’est pas de choisir le contrat le plus complet par principe, ni le moins cher par réflexe. Il est de trouver une couverture cohérente avec les risques réels de la ferme, sa trésorerie, ses cultures stratégiques et sa capacité à absorber une mauvaise année.

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Quelles démarches prévoir avant de souscrire ?

Souscrire une assurance récolte ne se fait pas uniquement au moment de signer un contrat. Pour que la couverture soit adaptée — et, le cas échéant, éligible aux aides publiques — il faut préparer plusieurs informations en amont : les cultures concernées, les surfaces, les rendements historiques, les données PAC et les échéances à respecter.

L’objectif est simple : éviter les écarts entre ce qui est réellement cultivé, ce qui est déclaré administrativement et ce qui est assuré.

Préparer les informations utiles

Avant de demander un devis, il faut faire le point sur les cultures à assurer, les surfaces concernées et leur poids économique dans la ferme. C’est cette base qui permettra de comparer les propositions et de vérifier que le contrat correspond réellement au système de production.

Les rendements historiques sont également importants. Ils servent à établir le rendement de référence, c’est-à-dire la base à partir de laquelle une perte pourra être évaluée en cas d’aléa climatique. Si ces données sont incomplètes ou mal renseignées, l’indemnisation peut être moins adaptée à la réalité de la ferme.

Vérifier la cohérence avec sa déclaration PAC

La cohérence entre le contrat d’assurance et la déclaration PAC est un point central. Les surfaces, les cultures, l’assolement assuré, le numéro PACAGE ou encore le SIRET doivent être vérifiés avant le règlement de la cotisation.

L’agriculteur doit faire la demande d’aide dans son dossier PAC en cochant la case dédiée à l’aide à l’assurance récolte. Cette demande se fait en même temps que le dépôt du dossier PAC, généralement avant le 15 mai.

Depuis la campagne 2025, le formulaire papier de déclaration de contrat a été supprimé : la notice PAC 2026 précise que cette pièce est désormais fournie par l’assureur. L’exploitant doit donc être d’autant plus attentif à la cohérence des informations transmises.

déclaration PAC

Respecter les principales échéances

Les échéances sont déterminantes pour bénéficier de l’aide publique et éviter les mauvaises surprises. Pour une récolte de l’année N, le contrat est généralement souscrit en amont de la campagne, souvent à l’automne N-1 ou pendant l’hiver N.

La cotisation doit ensuite être payée au plus tard le 31 octobre de l’année N. Le ministère précise que, pour bénéficier de l’aide à l’assurance récolte, la totalité de la prime ou cotisation d’assurance doit être acquittée avant cette date.

Le versement de la subvention n’est pas immédiat : une fois les vérifications réalisées, il peut intervenir au printemps de l’année suivante, soit en N+1 pour une récolte de l’année N.

Anticiper les justificatifs à fournir en cas de sinistre

En cas d’aléa climatique, il ne faut pas attendre la fin de la campagne pour réagir. Les délais et modalités de déclaration varient selon les contrats, mais le bon réflexe est de contacter rapidement son assureur ou son interlocuteur dédié.

Il est aussi utile de conserver les éléments permettant de documenter la situation : photos des parcelles, dates de l’événement, observations terrain, données météo disponibles, cahier de culture, factures liées aux semences ou au resemis, justificatifs de rendement, éléments de récolte ou de commercialisation.

Avant même de souscrire, il est donc important de demander précisément : quels justificatifs seront attendus, dans quels délais, et à qui devront-ils être transmis ?

Assurance récolte et installation agricole : les bons réflexes

Pour une personne qui s’installe, l’assurance récolte doit être pensée comme un élément du modèle économique de la ferme. Elle n’est pas seulement une charge supplémentaire : elle peut aider à sécuriser les premières années, souvent marquées par des investissements importants, une trésorerie limitée et une montée en puissance progressive de l’activité.

Intégrer l’assurance récolte dans son prévisionnel économique

Lorsqu’un porteur de projet construit son prévisionnel, il pense souvent aux investissements, aux charges de mécanisation, aux fermages, aux emprunts, aux débouchés ou aux aides à l’installation. L’assurance récolte mérite d’être intégrée dans la même logique.

L’idée n’est pas forcément d’assurer toutes les productions au niveau maximal dès la première année. L’enjeu est plutôt de tester plusieurs hypothèses : que se passe-t-il si une culture clé perd une partie importante de son rendement ? La trésorerie permet-elle d’absorber cette baisse ? Le remboursement des emprunts reste-t-il possible ? Les charges courantes peuvent-elles être couvertes ?

Prioriser les productions qui conditionnent la viabilité du projet

Toutes les cultures n’ont pas le même poids dans un projet agricole. Certaines occupent beaucoup de surface mais dégagent une marge limitée ; d’autres représentent une part plus faible de l’assolement mais jouent un rôle décisif dans le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée ou la capacité à rembourser les investissements.

Au moment de l’installation, il est donc utile de hiérarchiser les productions : lesquelles sont les plus exposées aux aléas climatiques ? Lesquelles sont les plus importantes pour l’équilibre économique de la ferme ? Lesquelles ont nécessité les investissements les plus lourds ? Lesquelles conditionnent la réussite du projet dans les premières années ?

Cette réflexion est particulièrement importante pour les cultures à forte valeur ajoutée, les vignes, les vergers, le maraîchage, certaines cultures spécialisées ou les prairies dans les systèmes d’élevage.

Combiner assurance, diversification et pratiques agricoles résilientes

L’assurance récolte ne remplace pas une stratégie agronomique solide. Elle doit plutôt venir en complément d’autres leviers de résilience : diversification des cultures, choix de variétés adaptées, allongement des rotations, couverture des sols, implantation de haies, agroforesterie, gestion de l’eau, adaptation du calendrier cultural ou sécurisation des débouchés.

Pour un projet en installation, cette combinaison est essentielle. Une ferme très dépendante d’une seule production ou d’un seul débouché sera plus vulnérable à un choc climatique ou économique. À l’inverse, un système diversifié peut mieux répartir les risques, même si certaines productions restent stratégiques et méritent d’être protégées par une assurance adaptée.

Revoir son niveau de couverture à mesure que la ferme évolue

Le besoin d’assurance n’est pas figé. Il peut évoluer avec l’assolement, les surfaces, les débouchés, les investissements, le niveau d’endettement ou la trésorerie disponible.

Une ferme en première ou deuxième année d’installation peut avoir besoin d’une protection différente d’une ferme plus stabilisée. De même, l’arrivée d’une nouvelle culture, la plantation d’un verger, le développement d’un atelier maraîcher, l’achat de matériel ou la signature d’un nouveau débouché peuvent modifier l’exposition au risque.

Il est donc utile de revoir régulièrement son contrat : les cultures assurées sont-elles toujours les bonnes ? Le rendement de référence correspond-il à la réalité de la ferme ? Le capital assuré reste-t-il cohérent avec la valeur des productions ? La franchise est-elle encore adaptée à la capacité de trésorerie ?

L’assurance récolte doit suivre l’évolution du projet agricole, pas rester figée au moment de l’installation.

L’assurance récolte n’est pas une solution automatique, mais un outil de gestion des risques à évaluer selon chaque ferme : productions, territoire, exposition climatique, trésorerie et niveau d’investissement.

Bien choisie, elle peut aider à sécuriser le revenu agricole en cas d’aléa important, notamment lorsque certaines cultures jouent un rôle clé dans l’équilibre économique de l’exploitation. Elle doit toutefois être pensée en complément d’autres leviers : diversification, pratiques agricoles résilientes, maîtrise des charges et sécurisation des débouchés.

Avant de souscrire, l’essentiel est donc de comparer les contrats, de vérifier les garanties, les franchises, les exclusions et l’éligibilité aux aides publiques. Pour une ferme déjà installée comme pour un projet en création, l’enjeu reste le même : choisir une couverture cohérente avec les risques réels de l’exploitation.

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FAQ

L’assurance récolte est-elle obligatoire ?

Non, l’assurance récolte n’est pas obligatoire. En revanche, elle est encouragée dans le cadre de la gestion des risques climatiques. Depuis la réforme de 2023, les agriculteurs assurés bénéficient d’une meilleure indemnisation en cas de pertes exceptionnelles que les agriculteurs non assurés. Pour les contrats éligibles, l’aide publique peut atteindre 70 % de la cotisation.

Quelles cultures peut-on assurer ?

De nombreuses productions peuvent être concernées : grandes cultures, cultures industrielles, légumes, semences, prairies, vignes, vergers, maraîchage ou cultures spécialisées. Les cultures assurables dépendent toutefois du contrat, de l’assureur, du type de garantie et des conditions d’éligibilité aux aides publiques.

Quels aléas climatiques sont couverts ?

Les aléas couverts varient selon les contrats. Une assurance récolte peut notamment couvrir le gel, la grêle, la sécheresse, l’excès d’eau, les tempêtes, les fortes températures ou encore l’humidité excessive. Le point clé est de vérifier que les risques les plus probables sur la ferme sont bien pris en charge.

Quelle est la différence entre assurance récolte et assurance grêle ?

L’assurance récolte est un terme large qui peut désigner différentes formes de protection contre les pertes liées aux aléas climatiques. L’assurance grêle, elle, couvre un risque précis : les dégâts causés par la grêle. Elle peut être utile pour certaines cultures exposées, mais elle est plus limitée qu’une assurance multirisque climatique, qui couvre plusieurs aléas dans un même contrat.

Quelle est la différence entre assurance récolte et assurance paramétrique ?

Une assurance récolte classique repose généralement sur l’évaluation des pertes subies après un sinistre. L’assurance paramétrique, aussi appelée assurance indicielle, fonctionne à partir d’un indicateur défini à l’avance : niveau de pluie, température, indice de sécheresse, indice de pousse, etc. Si le seuil prévu au contrat est atteint, l’indemnisation peut être déclenchée selon les modalités définies en amont.

L’assurance récolte est-elle aidée par l’État ?

Oui, certains contrats d’assurance récolte sont éligibles à une aide publique. Le ministère précise que l’aide à l’assurance récolte repose sur un taux unique de 70 % pour les garanties éligibles. Le capital assuré doit notamment être compris entre 60 % et 120 % d’un barème, avec des seuils et franchises encadrés selon les cultures et les contrats.

Que se passe-t-il si je ne suis pas assuré ?

Un agriculteur non assuré peut bénéficier de la solidarité nationale dans certains cas de pertes exceptionnelles, mais l’indemnisation est moins favorable que pour un agriculteur assuré. Pour les cultures non assurées, l’indemnisation par la solidarité nationale au-delà du seuil de déclenchement était de 45 % en 2023, 40 % en 2024 et 35 % en 2025. Ce taux est amené à évoluer à la baisse selon les productions dans les années suivantes.

Comment est calculée l’indemnisation ?

Le calcul dépend du contrat. Il prend généralement en compte le rendement de référence, le niveau de perte constaté, le prix assuré, le capital assuré, la franchise et les garanties choisies. Pour les assurances paramétriques, l’indemnisation dépend plutôt de l’atteinte d’un indicateur défini à l’avance, par exemple un niveau de pluie ou un indice climatique.

Peut-on assurer une ferme en agriculture biologique ?

Oui, une ferme en agriculture biologique peut souscrire une assurance récolte. Il faut toutefois vérifier que le contrat tient bien compte des spécificités du système : rendements de référence, prix de valorisation, cultures couvertes, débouchés et éventuelles productions à forte valeur ajoutée. C’est important, car une indemnisation fondée sur un prix ou un rendement mal adapté peut moins bien refléter la réalité économique de la ferme.

Faut-il souscrire une assurance récolte quand on s’installe ?

Il n’y a pas de réponse unique. Lors d’une installation, l’assurance récolte mérite d’être étudiée dès le prévisionnel économique, surtout si certaines cultures pèsent fortement dans le chiffre d’affaires ou si les investissements de départ sont importants. L’objectif est d’évaluer si la ferme peut absorber une mauvaise année sans mettre en difficulté la trésorerie, les remboursements ou la continuité du projet.

Comment comparer plusieurs contrats d’assurance récolte ?

Pour comparer plusieurs contrats, il faut regarder au-delà du prix : cultures couvertes, aléas pris en charge, niveau de franchise, rendement de référence, capital assuré, prix assuré, exclusions, modalités d’expertise, délais d’indemnisation et éligibilité aux aides publiques.

Vers qui se tourner pour choisir une assurance récolte ?

Il est possible de se tourner vers des assureurs agricoles, des conseillers de gestion, des chambres d’agriculture, des centres de gestion ou des acteurs spécialisés dans l’assurance climatique agricole. Le ministère publie aussi la liste des entreprises habilitées à commercialiser des contrats d’assurance récolte éligibles à une prise en charge partielle des cotisations.

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FEVE a créé La Grange, une plateforme gratuite et pédagogique qui rassemble tout ce dont vous avez besoin pour réussir votre projet d'installation. Elle propose un parcours interactif d'installation, découpé en étapes avec des actions à réaliser pour avancer progressivement et ne rien oublier. Vous pourrez également télécharger une synthèse de présentation de votre projet, à remettre à de potentiels financeurs ou partenaires.
Découvrez La Grange, la plateforme
pour avancer dans votre projet agricole !
FEVE a créé La Grange, une plateforme gratuite et pédagogique qui rassemble tout ce dont vous avez besoin pour réussir votre projet d'installation : un outil de recherche de fermes, des parcours d’installation et une communauté pour s’entraider.

🦔 Qu'est-ce que feve ?

FEVE finance le foncier agricole pour permettre à des agriculteurs et agricultrices de s’installer. Les fermes (terres et bâtiments) sont ensuite mises à leur disposition en location avec option d’achat, leur permettant de devenir propriétaires à terme. Une solution qui facilite l’installation et la transmission des fermes partout en France.
Trouvez la ferme de vos rêves sur La Grange !
FEVE a créé La Grange, une plateforme gratuite et pédagogique qui rassemble tout ce dont vous avez besoin pour retrouver votre ferme : un outil de recherche de fermes, des alertes en fonction de vos critères, une check-list de visite de ferme...
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