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Du projet
à l'installation agricole

Dernière mise à jour : 21 septembre 2021

Vous avez un projet d’installation agricole que vous souhaitez concrétiser ? Vous avez défini les ateliers de production sur lesquels porte votre projet ? Vous savez dans quelle zone géographique vous souhaitez vous installer ?

 Vous √™tes au bon endroit !

Ce guide a pour but de vous aiguiller dans les étapes pratiques de votre installation agricole afin de vous aider à préciser et concrétiser votre projet.

Vous souhaitez donc vous installer en agriculture ? C’est un projet enthousiasmant et nous esp√©rons que ce guide pratique √† l’installation agricole saura vous aider √† y voir plus clair dans les d√©marches √† effectuer. D√©j√† sachez qu’un programme d’installation agricole est propos√© aux personnes porteuses de projets agricoles par les Chambres d’Agriculture et des organismes comme les ADEAR ou les CIVAM. L’accompagnement peut porter sur les aspects financiers, mais aussi sur les √©l√©ments techniques et administratifs avec une adaptation √† chaque d√©partement.

Si le parcours est tr√®s jalonn√©, il n’en reste pas moins long et avec de nombreuses formalit√©s administratives et juridiques. Ce qui est logique pour des projets de telle envergure.

Pour vous guider dans vos d√©marches nous avons voulu dans ce guide vous expliciter toutes les √©tapes de l’installation agricole. La premi√®re √©tape √©tant √©videmment de s’informer, cela se fait souvent au Point d’Accueil Installation et d√©coule ensuite sur la r√©daction du Plan de Professionnalisation Personnalis√© (PPP). Puis cela passe par la recherche d’une exploitation agricole √† cr√©er ou √† reprendre si vous vous installez hors cadre familial. Pour l’installation avec des aides vous devrez √©galement obtenir la capacit√© professionnelle agricole. Vous pouvez aussi choisir l’installation agricole sans dipl√īmes et donc une installation agricole sans aides. Autre √©tape √† valider : d√©finir le co√Ľt de votre installation agricole avec la constitution du Plan d’Entreprise et la d√©finition du plan de financement. Il sera ensuite temps de finaliser l’installation agricole avec entre autres la fameuse autorisation d’exploiter et la d√©claration des statuts juridiques de votre exploitation agricole.

Le parcours est long, vous pouvez compter en moyenne trois ans entre votre premi√®re prise d’information et votre installation officielle si vous n’√™tes pas issu¬∑e du monde agricole et n’avez pas identifi√© une exploitation. Dans les moments de d√©couragement face aux d√©marches ou aux aller-retours entre les interlocuteurs, repensez √† votre objectif, visualisez-le. Faites r√©guli√®rement un rapide bilan des √©tapes d√©j√† parcourues depuis votre premi√®re volont√© d’installation agricole !

Vous vous engagez sur une aventure de plusieurs ann√©es, vous ne regretterez s√Ľrement pas ces quelques mois pass√©s √† travailler votre projet dans tous les sens (oui on sait, c’est facile √† dire, mais faites-nous confiance !).

Les √©tapes ci-dessous concernent principalement l’installation aid√©e en tant que Jeune Agriculteur (statut pour les primo-installants de moins de 40 ans et avec un dipl√īme agricole).
Ce statut vous permet d’avoir des primes √† l’installation dont la Dotation Jeune Agriculteur (DJA), des possibilit√©s de pr√™ts bonifi√©s, des subventions et une priorit√© dans l’acc√®s au foncier.
Si vous ne b√©n√©ficiez pas de ce statut, les √©tapes suivantes restent un guide utile √† l’installation. Vous pourrez vous aussi b√©n√©ficier de certains services de la Chambre d’Agriculture. Pour les plus de 40 ans avec un dipl√īme agricole, il existe la possibilit√© de pr√™ts d’honneur abord√©e plus bas dans le guide.

1. Le Point Accueil Installation : une porte d’entr√©e √† l’installation agricole

Qu’est-ce que le Point Accueil installation ?

Le Point Accueil Installation (PAI) est un point d’interface possible si vous √™tes un porteur de projet avec la volont√© de s’installer en agriculture. C’est une √©tape absolument indispensable si vous allez demander la Dotation Jeune Agriculteur (DJA).

Le Point Accueil Installation est l’organisme officiel d’accompagnement des candidat¬∑es √† l’installation agricole. La mission du PAI est confi√©e, selon les d√©partements √† diff√©rentes structures d’accompagnement de projets agricoles.

Le passage par le PAI est n√©cessaire pour toutes les d√©marches, il est le seul organisme habilit√© √† vous inscrire comme porteur¬∑ses de projets et √† vous fournir une ¬ę attestation VIVEA ¬Ľ vous ouvrant droit aux formations financ√©es par le fond VIVEA.

  1. Informer. Le PAI est le point de renseignement principal pour les d√©marches √† suivre, les interlocuteur¬∑rices utiles, les formations dipl√īmantes et la Validation des Acquis d’Exp√©riences si vous souhaitez vous installer en agriculture.
  2. Guider. Le PAI va vous guider dans la r√©flexion et la construction du pr√©-projet de l’installation agricole. Vous serez amen√©¬∑e dans un premier temps √† remplir un document d’auto-diagnostic qui vous permettra de faire le point sur vos besoins, vos attentes et vos comp√©tences.
  3. Orienter. Sur la base de ces besoins, le PAI vous orientera vers les personnes ressources qui peuvent vous aider tout au long de votre parcours (ADEAR, CIVAM, Groupement Bio, CER, centres de formations, SAFER, Terre de Lien, FEVE, etc). Il vous indiquera également la prochaine étape : le plan de professionnalisation personnalisé.

La réalisation de votre Plan de Professionnalisation Personnalisé

Suite √† l’auto-diagnostic et si votre pr√©-projet est stabilis√©, vous allez √™tre dirig√©¬∑e vers les conseiller¬∑√®res du Centre d’√©laboration du Plan de Professionnalisation Personnalis√©. Le PPP est une √©valuation de vos comp√©tences, actuelles et manquantes, effectu√©e avec deux conseiller¬∑√®res. Le PPP est personnalis√© en fonction de votre parcours et des √©l√©ments de votre projet. Ce plan de route √† suivre fixe les diff√©rentes formations et stages √† effectuer afin d’obtenir votre certificat de conformit√© et le versement des aides.

Il peut √™tre tr√®s utile m√™me si vous ne souhaitez pas demander d’aides √† l’installation ; il vous permet de vous assurer que vous poss√©dez les connaissances et les exp√©riences n√©cessaires pour devenir chef¬∑fe d’exploitation agricole.

Les différentes étapes de votre PPP :

‚Üí √Člaboration du PPP avec les deux conseiller¬∑√®res que vous avez choisi¬∑es ; s’ensuivent une liste de recommandations de formations et stages en plus du stage obligatoire de 21 h. L’un¬∑e des conseiller¬∑√®res sera consid√©r√©¬∑e comme votre r√©f√©rent¬∑e et c’est lui ou elle qui suivra votre parcours PPP.

→ Agrément et signature du PPP ; vous avez ensuite trois ans pour suivre les recommandations définies dans le document.

‚Üí Validation du PPP ; il est ensuite valable deux ans dans le cadre de la demande d’aides.

2. Trouver son exploitation agricole à reprendre ou créer

Si vous ne reprenez pas une ferme familiale, que vous avez donc le statut dit Hors Cadre Familial (HCF) et que vous n’avez pas d√©j√† identifi√© une exploitation √† reprendre ou une terre agricole o√Ļ vous installer, cette √©tape sera s√Ľrement un point charni√®re de votre parcours d’installation.

Avant m√™me de commencer votre d√©marche, posez-vous les questions essentielles comme celle de l’achat ou de la location d’une terre agricole. Heureusement vous allez pouvoir vous appuyer sur diff√©rents acteurs pour vous aider √† trouver l’endroit id√©al. Enfin qui dit hectares de terres agricoles, dit budget cons√©quent : des solutions d’aides au financement existent aujourd’hui pour faciliter l’acc√®s au foncier agricole.

Les questions à se poser en priorité

Avant m√™me d’entamer vos d√©marches de recherche de foncier agricole, il faut que vous vous posiez un certain nombre de questions et que vous r√©fl√©chissiez √† vos priorit√©s.

  • Acheter ou louer mon exploitation agricole ? Question importante, car elle implique beaucoup de choses. D√©j√†, d’un point de vue financier l’investissement sera bien diff√©rent. Dans vos recherches vous ne trouverez pas les m√™mes propri√©t√©s. Ensuite dans le cas d’une location il y a le sujet du bail qui est assez crucial : de ce bail d√©pendra la s√©curit√© de votre installation ainsi que votre latitude de changements sur l’exploitation. Le bail le plus classique est le bail rural souvent d’une dur√©e de 9 ans qui implique le paiement d’un fermage. On trouve aussi des baux √† long-terme comme le bail de carri√®re de 25 ans ou le bail rural environnemental.
  • O√Ļ est-ce que je souhaite m’installer ? Il est essentiel que vous d√©finissiez pr√©cis√©ment votre zone g√©ographique de recherche. En effet, les organismes comme les Chambres d’Agriculture, la SAFER ou le RDI fonctionnent par d√©partement. De plus, chaque d√©partement a ses sp√©cificit√©s (prix de la terre, conditions climatiques, type de sol) et ses contraintes (r√©gulations, subventions).
  • Est-ce que je connais le territoire que j‚Äôai rep√©r√© ? Une fois que vous avez identifi√© une exploitation ou des terres, prenez le temps de d√©couvrir le territoire dans lequel elles s‚Äôimplantent. Ensuite explorez sa vie sociale et professionnelle ainsi que les politiques en place concernant l‚Äôagriculture. Qui sont les autres agriculteurs pr√©sents, que produisent-ils et o√Ļ vendent-ils ? Pouvez-vous les rencontrer pour faire leur connaissance et leur pr√©senter votre projet ? Quelles communes sont les plus proches ? Qui sont les √©lu¬∑es en place ? Pouvez-vous les rencontrer ? Pouvez-vous consulter le PLU pour conna√ģtre la vision et les objectifs de la municipalit√© sur le foncier agricole ? Y a-t-il un PAT (Plan Alimentaire Territorial) en cours de r√©daction ? Comment se porte le tissu associatif local ? Comment pensez-vous vous int√©grer socialement dans la communaut√© locale ?
  • Quel est mon budget ? Une √©tude pr√©alable sur le prix des terres agricoles vous permettra d’√©tablir la fourchette de prix pour l’achat des terres (ou la location). Id√©alement il faut √©galement que vous ayez d√©j√† pris contact avec des banques pour estimer votre capacit√© d’emprunt. Ainsi vous pourrez estimer votre enveloppe globale et votre budget plafond pour le foncier.
  • Quelles sont les informations √† r√©colter ? Avant m√™me de commencer les recherches pensez √† tous les √©l√©ments d’information qu’il vous faut obtenir √† propos de votre future exploitation : surface, acc√®s √† l’eau, type de sol, taille du b√Ęti, ann√©e de construction des stabulations, conditions climatiques sp√©cifiques, orientation du terrain, type de vent, pr√©dateurs possibles, historique de culture et d’√©levage, etc. Vous pouvez aussi consulter le site Geoportail pour conna√ģtre la structure cadastrale de la parcelle.
  • Quels sont mes crit√®res prioritaires ? Maintenant que vous avez en t√™te les informations essentielles √† obtenir, d√©finissez vos crit√®res de choix principaux. Quels √©l√©ments sont non n√©gociables ? Quels √©l√©ments sont des pr√©f√©rences pour lesquelles des compromis sont possibles ?

Comment trouver une exploitation à reprendre ?

Le Répertoire Départ Installation ou RDI

Ce dispositif des Chambres d’Agriculture est encore une fois propre √† chaque d√©partement. Il centralise les annonces des exploitations agricoles cherchant un¬∑e repreneur¬∑se ou un¬∑e nouvel¬∑le associ√©¬∑e suite √† un d√©part. Cet organisme public, sp√©cialis√© dans la transmission et l’installation agricoles, va vous accompagner dans votre recherche d’exploitation agricole.

Le R√©pertoire D√©part Installation va orchestrer la mise en relation avec des c√©dant¬∑es d’exploitation agricole qui souhaitent trouver un ou des repreneur¬∑ses pour prendre la suite. Vous aurez parfois la possibilit√© d’effectuer un stage de parrainage de 6 mois √† un an pour b√©n√©ficier de l’expertise de la personnes c√©dante et mieux conna√ģtre l’exploitation.

Votre conseillèr·e vous accompagnera également dans les démarches de transmission et pour expertiser les conditions de reprise.

Les offres du RDI ne sont pas toujours mises en ligne donc n’h√©sitez pas √† contacter le ou la conseiller¬∑√®re de votre d√©partement

La SAFER

Les SAFER sont les Soci√©t√©s d’am√©nagement foncier et d’√©tablissement rural. Il y en a 26 en France et leur r√īle est de permettre √† tout¬∑e porteur¬∑se de projet avec un projet viable de s’installer en milieu rural. Les projets doivent √™tre d’int√©r√™t g√©n√©ral et √™tre en coh√©rence avec les politiques locales.

Les SAFER sont l√† pour r√©guler le march√© des terres agricoles en √©vitant la flamb√©e des prix, en donnant la priorit√© √† l’installation des jeunes agriculteur¬∑ices et en structurant les nouveaux usages de ces terres.

La SAFER a un droit de pr√©emption, c’est-√†-dire qu’elle peut emp√™cher une vente priv√©e (elle doit √™tre notifi√©e de toutes les transactions immobili√®res qui concernent l’int√©gralit√© d’un bien) si elle consid√®re que l’acheteur¬∑se n’a pas un projet ad√©quat ou que le prix est trop √©lev√©. C’est gr√Ęce √† de tels outils de contr√īle que les terres agricoles fran√ßaises sont dans la moyenne basse des prix europ√©ens. Sur les terres pr√©empt√©es, la SAFER va d√©finir un prix de vente puis r√©aliser un appel √† candidature. Suite √† cet appel la priorit√© sera donn√©e d’abord aux porteur¬∑ses de projet agricoles b√©n√©ficiant du statut JA puis aux porteur¬∑ses de projet agricoles en premi√®re installation et ensuite aux autres projets agricoles. √Ä nouveau, b√©n√©ficier du statut JA facilitera la mise en Ňďuvre de votre projet.

Pour conna√ģtre les propri√©t√©s disponibles √† la vente via le r√©seau SAFER, rendez-vous sur le site Propri√©t√©s Rurales et sur les sites des diff√©rentes SAFER. Vous pourrez y consulter les diff√©rents appels √† candidatures pour des propri√©t√©s en vente ou en location.

Le(s) réseau(x)

Parlez de votre recherche autour de vous pour que vos proches gardent un Ňďil ouvert. De m√™me rejoignez des groupes Facebook sp√©cialis√©s en agriculture et ceux d√©di√©s aux transactions de biens agricoles. Parfois les annonces de terrains et exploitations √† reprendre arrivent d’abord sur ces groupes.

Cr√©ez des alertes sur Le Bon Coin. √Čpluchez les sites de petites annonces locales. Enfin consultez les agences immobili√®res, surtout dans les zones p√©ri-urbaines. Faites attention cependant aux prix des transactions qui risquent d’√™tre plus √©lev√©s que ceux pratiqu√©s par la SAFER.

Renseignez-vous sur des sites sp√©cialis√©s sur l’acquisition des terres agricoles comme celui de MATA (M√©thode d’Acquisition des Terres Agricoles) qui donne acc√®s √† des ressources d’aides et √† une communaut√© Facebook de personnes √† la recherche de terres.¬†

Renseignez-vous aupr√®s des communes et collectivit√©s de votre zone de recherche, des terres publiques sont parfois disponibles sous des baux emphyt√©otiques (d’une dur√©e de 40 ans en g√©n√©ral). C’est ce qu’ont fait les agricultrices de la Fermes des Filles pour trouver leurs terres !

Enfin, des organismes comme Terre de Liens ou Fermes En ViE communiquent également sur des exploitations disponibles à la reprise.

Comment financer l’acc√®s aux terres agricoles ?

Acheter du foncier en France est moins co√Ľteux que dans de nombreux pays d’Europe cependant cela reste un investissement cons√©quent. Avec un prix √† l’hectare moyen de 6000 ‚ā¨, comptez 300 000 ‚ā¨ pour une ferme de 50 hectares. Prix auquel il faut ajouter le co√Ľt du b√Ęti et les frais de notaires. Si vous pensez ne pas pouvoir ou vouloir faire cet investissement au moment de l’achat, il existe diff√©rents m√©canismes de financement alternatif de votre foncier.

 

  • Afin d’all√©ger l’investissement de d√©part, vous pouvez opter pour le portage par un organisme tiers comme la SAFER. Cela peut se faire sur du moyen ou long terme. En attendant de pouvoir acqu√©rir la terre, vous payez un fermage √† l’organisme. Les fonds √† mobiliser √©tant importants, il y a peu de projets √©ligibles √† cette solution. De plus elle exige que vous puissiez racheter la terre √† l’issue du portage. Si celui-ci est de court ou moyen terme vous aurez s√Ľrement encore les pr√™ts d’installation √† rembourser.
  • Il y a √©galement la possibilit√© d’achat par un ou des tiers comme avec le mod√®le du GFA (Groupement Foncier Agricole). Un GFA est une soci√©t√© civile qui peut prendre plusieurs formes : familiale, mutualiste, investisseur (g√©r√© par des banques) et bailleur. L’achat peut aussi se faire par un investisseur particulier. En tant qu’agriculteur¬∑ice vous versez ensuite un fermage au propri√©taire ou au GFA. Cette solution permet de s√©curiser le foncier, le bail √©tant √† long terme. Cependant elle demande une gestion rigoureuse, une forte implication financi√®re et c’est un mod√®le peu r√©pandu surtout dans le cas d’investisseurs non familiaux (faible montant des fermages alors que les terres sont ch√®res, il n’est donc pas ais√© de rassembler des investisseurs).
  • Une association comme Terre de Lien fonctionne sur ce mod√®le sauf qu’elle va elle-m√™me collecter l’√©pargne citoyenne pour acheter une propri√©t√© advitam (afin de sortir les terres agricoles de la propri√©t√© priv√©e) et la louer √† un ou des porteur¬∑ses de projet contre le versement d’un fermage et le respect de crit√®res environnementaux (bail sp√©cifique rural environnement). Vous n’avez donc pas vous-m√™me √† orchestrer le processus.
  • Fermes En ViE a la particularit√© de proposer un mod√®le hybride entre le portage et l’achat par un tiers. FEVE va faire appel √† l’√©pargne citoyenne pour acheter une exploitation agricole et la louer √† des porteur¬∑es de projet souhaitant y mettre en place un mod√®le de ferme diversifi√©e et collaborative. Ensuite FEVE donne une option d’achat de ces terres aux nouveaux¬∑elles agriculteur¬∑ices en place. Ainsi vous pouvez √† terme devenir propri√©taires du foncier sur lequelle vous travaillez au quotidien.

3. Installation agricole sans dipl√īme ou obtention de la capacit√© professionnelle ?

G√©rer une exploitation agricole, cela va bien au-del√† de la connaissance du vivant et de la ma√ģtrise technique de sa sp√©cialit√© agricole. En tant que chef¬∑fe d’entreprise vous devez aussi avoir des comp√©tences en gestion, en management et en comptabilit√©. Pour d√©velopper votre entreprise il vous faudra √©galement l’inventivit√© d’un¬∑e entrepreneur¬∑se et la bonne communication d’un¬∑e expert¬∑e en marketing. Enfin, il vous faudra conna√ģtre les particularit√©s du monde agricoles : ses acteurs, les r√®gles des march√©s agricoles, les normes sanitaires, etc.

Ceci explique pourquoi les Chambres d’Agriculture r√©alisent avec vous un Plan de Professionnalisation Personnalis√©, pour vous aider √† d√©terminer les comp√©tences manquantes dans votre profil. C’est √©galement pour cela que la possession de la capacit√© professionnelle agricole (CPA) est fortement encourag√©e, que vous demandiez ou non les aides d’installation Jeune Agriculteur.

La capacit√© professionnelle agricole s’obtient si vous avez un dipl√īme de niveau bac agricole compl√©t√© par un Plan de Professionnalisation Personnalis√© valid√©. Elle est n√©cessaire si vous souhaitez demander des aides de l’Etat.

L’installation agricole sans dipl√īmes est possible mais, comme nous le verrons plus bas, vous ne pourrez pas b√©n√©ficier des principales aides √† l’installation.

Le dipl√īme agricole et les formations courtes

  • Le dipl√īme agricole peut s’obtenir par voie scolaire, par apprentissage ou par une formation pour adultes (en pr√©sentiel ou √† distance). Les plus connus sont les Bac Pro agricoles, le BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole), les BTS Agricoles ou encore les dipl√īmes d’ing√©nieur agronome.
  • Si vous n’avez pas de dipl√īme agricole, mais que vous pouvez justifier d’un an d’exp√©rience dans le domaine agricole (statut d‚Äôexploitant, de salari√©, de conjoint collaborateur, d‚Äôaide familial, woofing, etc.), alors vous pouvez entamer une d√©marche de VAE (Validation des Acquis de l‚ÄôExp√©rience) afin d‚Äôobtenir un dipl√īme qui conf√®re la capacit√© agricole (soit un niveau 4 comme le BPREA par exemple).
  • Via le Projet de Professionnalisation Personnalis√© vous allez effectuer plusieurs formations qualifiantes ou certifiantes de courte dur√©e adapt√©es au territoire de votre d√©partement ainsi qu’√† votre projet. L’une d’entre elles, obligatoire et commune √† tous les porteurs de projet, est le stage 21 h qui a lieu sur trois jours. Il vous pr√©sentera les diff√©rents acteurs que vous allez solliciter pour votre installation et dressera un portrait agricole du d√©partement dans lequel vous souhaitez vous installer. Ces formations sont payantes, cependant elles peuvent √™tre financ√©es partiellement ou en totalit√© par votre compte CPF, par le P√īle Emploi, par des aides de la r√©gion ou par l’organisme VIVEA.

L’exp√©rience professionnelle

C’est vrai dans beaucoup de domaines, mais il semble que cela soit encore plus le cas dans les secteurs qui touchent au vivant : rien ne remplace l’exp√©rience terrain ! C’est pour cela que les stages sont souvent recommand√©s dans le cadre de votre PPP. Ils sont m√™me obligatoires dans le cadre d‚Äôun BPREA ou BTS agricole.

En dehors des stages recommand√©s, toute exp√©rience professionnelle vous sera utile : elle vous permettra de confronter vos id√©es √† la r√©alit√©, de d√©couvrir diff√©rentes mani√®res de proc√©der et de mieux int√©grer vos connaissances pratiques. De plus si vous venez d’un milieu professionnel non agricole, elle vous donnera une vision plus diversifi√©e du quotidien d’un¬∑e agriculteur¬∑ice.

Différentes expériences sont possibles :

  • Les stages d’application dans le cadre de votre PPP.

    Pour trouver un stage vous pouvez faire appel à votre réseau, contacter des fermes qui vous inspirent ou encore aller sur des sites spécialisés dans les métiers agricoles comme stage-agricole.com.

  • Le salariat agricole, une autre possibilit√© pour consolider vos acquis.

    Cette démarche est moins engageante que lancer votre exploitation et elle vous permet de vous tester sur un temps plus long que le stage. Vous pouvez effectuer des saisons dans diverses structures agricoles pour mettre en application vos acquis théoriques et expérimenter différents modes de gestion et de management.

  • Effectuer un stage de parrainage dans le cadre d’une transmission progressive.

    Si vous souhaitez reprendre une ferme ou simplement y remplacer un¬∑e associ√©¬∑e via le R√©pertoire D√©part Installation, vous aurez peut-√™tre la possibilit√© d’effectuer un stage r√©mun√©r√© de 3 √† 12 mois sur l’exploitation en question. Cela vous permettra de b√©n√©ficier du savoir-faire du c√©dant et de vous familiariser avec l’exploitation qui deviendra peut-√™tre la v√ītre !

  • Faire ses armes dans un espace-test

    Cette solution vous permet de gagner en exp√©rience professionnelle sans prendre les risques d’une installation totale. Selon les modalit√©s de l’endroit, vous disposerez pour un temps limit√© d’une surface, d’infrastructures et de certains services d’accompagnement en √©change d’un loyer mod√©r√©. Vous pouvez en savoir plus en contactant le r√©seau national des espaces-tests agricoles (RENETA).

ūü¶Ē L’ajout du h√©risson ! Nous avons eu un coup de coeur pour le concept du stage Paysan Cr√©atif du CIAP Pays de la Loire : un an de stage chez un r√©f√©rent paysan dans votre futur territoire d’installation, une mise en relation avec le r√©seau local, des formations collectives, un suivi personnalis√© de votre projet et un compl√©ment de formations si n√©cessaire.¬†

L‚Äôinstallation sans dipl√īme est-elle possible ?

D√©j√† rappelons que si vous avez d√©j√† de l’exp√©rience agricole vous pouvez peut-√™tre la faire valoir via la VAE (Validation des Acquis et de l’Exp√©rience) et ainsi obtenir un dipl√īme et votre capacit√© agricole !

Sinon, vous pouvez obtenir une autorisation d’exploiter sans avoir une capacit√© professionnelle agricole et donc vous installer sans dipl√īme. Vous ne serez n√©anmoins pas prioritaire pour l’obtenir si vous √™tes en concurrence avec quelqu’un qui a une capacit√© agricole. Et vous serez dans l’impossibilit√© de faire une demande d’aide financi√®re √† l’√Čtat et votre recherche de terres agricoles pourrait √™tre plus complexe, car vous ne serez pas prioris√©¬∑es par la SAFER ou le RDI.

Au vu des √©l√©ments √† ma√ģtriser pour g√©rer une exploitation agricole, il est fortement conseill√© d’y aller en ma√ģtrisant un certain nombre de comp√©tences et avec de l’exp√©rience dans le secteur. Il faut savoir qu’aujourd’hui seul¬∑es 3% des chef¬∑fes d’exploitation agricole sont install√©s sans la capacit√© agricole. Donc oui, une installation agricole sans dipl√īmes est possible, mais elle ne sera pas facilit√©e !

Schéma explicitant les étapes de la formation agricole pour obtenir la capacité.

4. Le plan d’entreprise : la synth√®se de la mod√©lisation et du chiffrage de votre projet

Les informations s’accumulent ; faisons un point d’√©tape. Jusqu’√† maintenant vous avez :

  • rendu visite √† votre Point Accueil Installation local et r√©alis√© votre auto-diagnostic
  • d√©fini comment compl√©ter vos comp√©tences et possiblement entam√© une formation et/ou un stage ;
  • commenc√© √† chercher des terres.

Vous vous dites qu’il manque un point-cl√© ? Il est o√Ļ votre projet dans tout √ßa ? Justement on y vient. Il est temps de parler de la faisabilit√© technique, humaine et √©conomique de votre projet et d’estimer sa viabilit√© √©conomique. En clair : qu’allez-vous produire ? Comment ? √Ä qui allez-vous vendre ? Combien va vous co√Ľter l’installation agricole ? Comment allez-vous le financer ?

Quels éléments sont indispensables dans le montage du projet ?

Dans le cadre du parcours Jeune Agriculteur ou Pr√™t d’honneur il vous faudra √©tablir un plan de d√©veloppement de votre entreprise. Ce dernier comprend un diagnostic pr√©-installation, et une √©tude √©conomique pr√©visionnelle √† 5 ans. Pour le parcours Jeune Agriculteur, il vous faudra en outre pr√©senter un Plan d’Entreprise sur 4 ans.

Vous √™tes responsables de l’√©tablissement de ces documents et vous pouvez d√©cider de les faire seul¬∑e ou en vous faisant aider par l’organisme de votre choix. Les chambres peuvent proposer leur propre service de conseil ou vous aider √† identifier des organismes agr√©√©s comme CER France, Agri Pro, l’AGAP, etc. (ces prestations sont souvent payantes, mais vous pouvez trouver des aides au financement). N’h√©sitez pas √† faire appel √† des associations proposante des m√©c√©nats de comp√©tences ou de demander autour de vous pour b√©n√©ficier de l’aide d’un¬∑e juriste ou d’un¬∑e comptable √† certaines √©tapes de la mod√©lisation.

  • Dans le diagnostic pr√©-installation vous allez :
    • pr√©senter votre projet, son historique et vos objectifs,
    • analyser les moyens de production de l’exploitation reprise et les potentiels travaux n√©cessaires (sol, cheptel, b√Ęti, mat√©riel, etc.),
    • d√©finir les statuts juridiques, social et fiscal de votre projet (voir plus loin),
    • d√©crire le syst√®me de production par atelier et d√©cider de votre mode de production (agriculture de conservation, agriculture biologique, mara√ģchage sol vivant, p√Ęturage tournant dynamique, etc.) et des labellisations choisies (Agriculture Biologique, Nature & Progr√®s, Label Rouge, etc.),
    • expliciter la commercialisation envisag√©e (quel circuit de commercialisation, vente ou non √† la ferme, type de client√®le, organisation des ventes, etc.) et analyser les offres d√©j√† en place dans le territoire sur lequel vous vous implantez,
    • r√©fl√©chir au niveau de valorisation de la production (si transformation des produits il y a, ce qui permet une meilleure valorisation, il faut inclure le temps que cela demande ainsi que les co√Ľts induits en mat√©riel et mise aux normes sanitaires),
    • d√©terminer l’organisation du travail (charge de travail, pr√©vision d’embauche, gestion des pics d’activit√©, mode de communication interne, CUMA, etc.),
    • traiter des principaux √©l√©ments √©conomiques (quels investissements sont n√©cessaires √† l’installation, √©valuation des charges, etc.)
  • Le pr√©visionnel financier est un document qui √©tudie la viabilit√© √©conomique et les financements possibles de votre projet. Il doit montrer la viabilit√© de l’exploitation sur 5 ans.
  • Dans le cadre de la demande du statut de Jeune Agriculteur il vous faudra dresser un plan d’entreprise. Ce plan est une synth√®se des deux documents pr√©c√©dents et d√©montre la faisabilit√© technique, humaine et √©conomique de votre projet sur 4 ans. Vous devez prouver qu’au terme des 4 ans vous serez √† m√™me de vous r√©mun√©rer √† hauteur d’un SMIC (si vous √™tes agriculteur √† titre principal). Ce document doit obligatoirement √™tre co-sign√© par un organisme agr√©√© par la Chambre d’Agriculture.

Combien co√Ľte mon projet agricole ?

Lorsque vous allez effectuer votre diagnostic et votre pr√©visionnel financier vous aller d√©terminer le co√Ľt de votre installation. Cela prendra en compte :

  • Les investissements √† l’installation et ceux pr√©vus par la suite. L’investissement principal √©tant l’outil de production (cela peut repr√©senter plusieurs centaines de milliers d’euros dans le cas d’un atelier d’√©levage) et potentiellement l’outil de transformation.
  • Les sorties r√©currentes (mati√®res premi√®res indispensables au bon fonctionnement de l’atelier, frais de commercialisation, frais annexes, assurances, salaires √©ventuels, taxes et imp√īts, cotisations MSA, provisions).
  • Les revenus de production et revenus annexes (agro-tourisme, formation).

Pour cela la Chambre d’Agriculture vous accompagnera et vous aiguillera sur les personnes √† contacter. Vous devrez sans doute effectuer des √©tudes de march√© et un travail de recherches d’informations aupr√®s d’agriculteurs d√©j√† install√©s. N’h√©sitez pas utiliser les ressources des r√©seaux sociaux et √† demander des informations sur les groupes Facebook agricoles.

Nous vous conseillons √©galement d’√©tablir un budget d√©di√© au montage de votre projet. En effet de nombreux √©l√©ments peuvent occasionner des co√Ľts : les frais de d√©placement, certaines formations payantes, les services de conseil juridique, les potentiels outils informatiques, l’accompagnement pour le montage du projet, les formalit√©s administratives, etc. Tout ceci va repr√©senter une certaine somme d’argent et cela risque de vous inqui√©ter si vous ne l’aviez pas anticip√©. Cet argent peut vous semble superflu car non investi directement dans votre future exploitation ; n’oubliez pas que ce sont sur ces ann√©es de pr√©paration que se d√©cide le bon commencement de votre aventure. Il est donc logique qu’une partie de votre budget soit d√©di√©e √† cette √©tape ! Si ces frais vous semblent important, comparez-les au budget d’installation total. 3000‚ÄČ‚ā¨ d’accompagnement c’est beaucoup dans l’absolu, mais dans un budget d’installation total de 300 000 ‚ā¨ cela repr√©sente moins de 1% !

A nouveau, renseignez-vous bien sur les diff√©rentes possibilit√©s de financement pour les diff√©rentes prestations d‚Äôaccompagnement et de formation (l‚Äôorganisme VIVEA, votre compte CPF, le p√īle Emploi, etc.).

Quel plan de financement ?

Pour votre financement vous allez pouvoir vous appuyer sur différents modèles : vos fonds propres qui sont vos économies personnelles ; les dons et les subventions que vous n’aurez pas à rembourser, mais pour lesquels vous devrez peut-être donner une contrepartie en nature, rendre un suivi d’activité ou remplir des conditions particulières ; les prêts que vous contractez auprès d’une banque ou d’un organisme prêteur et que vous rembourserez selon une échéance définie à l’avance et en payant un taux d’intérêt défini également à l’avance. Ces derniers demandent systématiquement une forme de garantie (fonds propres, prêts annexes, etc.). Voici quatre types de financement qui s’appuient sur ces différents modèles et qui viennent consolider un prêt bancaire :

 

  1. Les fonds propres et les prêts familiaux

    La source la plus directe de financement c’est bien s√Ľr les fonds propres, c’est-√†-dire les √©conomies personnelles que vous d√©diez √† ce projet. Il y a aussi les pr√™ts familiaux ou de vos proches.

    Quel que soit le montant pr√™t√© et votre relation avec ce(s) proche(s) nous vous conseillons vivement de tout consigner par √©crit : montant pr√™t√©, date, conditions du pr√™t (par exemple les modalit√©s de remboursement et les recours en cas de soucis de remboursement). Les questions financi√®res au sein de la famille ou entre ami¬∑es peuvent s’av√©rer d√©licates sauf s’il y a une bonne communication en amont.

  2. Les aides gouvernementales et régionales
    Une des dotations les plus importantes que vous pouvez recevoir en vous installant est la dotation JA ou Dotation Jeunes Agriculteurs ou DJA. Les conditions essentielles pour la recevoir :
    • Avoir entre 18 et 40 ans ;
    • S’installer pour la premi√®re fois ;
    • Avoir la capacit√© professionnelle agricole ;
    • Avoir un Plan d’Entreprise permettant d’attester que vous pourrez vous verser l’√©quivalent d’un SMIC au bout de 4 ans d’installation.

    Vous recevrez 80% du montant √† l’installation puis les 20% restants 4 ans plus tard si vous avez rempli les conditions √©tablies lors de l’accord de la Commission D√©partementale (travaux de conformit√© par exemple).

    La DJA est calcul√©e en fonction de votre zone d’installation puis des majorations sont apport√©es en fonction de votre projet (projet agro-√©cologique, transformation √† la ferme, installation hors cadre familial, etc.) et des modalit√©s d’installation (installation pr√©cipit√©e ou en zone difficile). La somme totale varie √©norm√©ment, en 2019 le montant moyen vers√© √©tait de 31 000‚ā¨.

    En tant que b√©n√©ficiaire de la DJA vous pouvez pr√©tendre √† des aides compl√©mentaires sur les 5 premi√®res ann√©es d’installation agricole : abattements fiscaux, all√®gement de la taxe sur le foncier non b√Ęti, exon√©ration partielle des cotisations MSA, etc.Chaque r√©gion, d√©partement et commune propose une vari√©t√© de subventions auxquelles votre projet pourrait pr√©tendre. Tendez l’oreille, interrogez la chambre d’agriculture, renseignez-vous aupr√®s de votre mairie.

  3. Les prêts alternatifs au prêt bancaire
    Pas de surprise ici, comme son nom l’indique le pr√™t implique que vous devrez le rembourser. Son attractivit√© d√©pendra du taux d’int√©r√™t, des conditions de remboursement (montant et √©talement des mensualit√©s), des garanties demand√©es et de l’√©ventuel paiement diff√©r√© de la premi√®re modalit√©. Voici deux types de pr√™t alternatifs au classique pr√™t bancaire.

     

    • Le pr√™t d’honneur est un dispositif de financement de l’installation agricole pr√©vu pour renforcer les fonds propres existants et faciliter l’acc√®s √† un pr√™t bancaire. C’est un pr√™t √† taux 0 hors cadre bancaire pour une somme de 5000 √† 25 000‚ā¨. Le plan de remboursement s’√©tale de 36 √† 72 mois avec un d√©but de remboursement qui peut √™tre diff√©r√© jusqu’√† 18 mois. Le crit√®re pour y avoir acc√®s est d’avoir effectu√© le parcours d’installation aupr√®s du PAI et de ne pas d√©j√† b√©n√©ficier de la DJA. Le versement est conditionn√© √† l’obtention d’un pr√™t bancaire. Pour y acc√©der il faut contacter les plateformes Initiatives France ou France Active.
    • Le pr√™t in fine est un emprunt bancaire ou √† un autre organisme pr√™teur pour lequel vous ne remboursez le capital qu’une fois arriv√© √† √©ch√©ance (donc in fine). Seuls les int√©r√™ts sont pay√©s au fur-et-√†-mesure. Ces pr√™ts ont l’int√©r√™t de vous laisser plus de tr√©sorerie disponible dans vos premi√®res ann√©es avant d’avoir trouv√© votre rythme de croisi√®re. Cependant les contraintes d’acc√®s et les int√©r√™ts sont souvent plus √©lev√©s que pour un pr√™t classique.
      Miimosa Transition propose des pr√™ts in fine d’une dur√©e maximale de 7 ans pouvant aller jusqu’√† un million d’euros pour financer des projets agro-√©cologiques.
  1. Le financement participatif

    Le crowdfunding est de plus en plus populaire dans le financement de projets et peut prendre des formes variées. Il passe souvent par des plateformes web de crowdfunding qui mettent en relation des porteurs de projet et des contributeur·ices.

    Le financement participatif peut prendre plusieurs formes :

    • Un don avec ou sans contrepartie
    • Un pr√™t avec ou sans int√©r√™ts
    • Un investissement en capital entre individus

    Les principaux acteurs présents sur le secteur du crowdfunding agricole sont Miimosa, Bluebees et Agrilend.

5. Choisir ses statuts juridiques et sociaux

C’est le moment de r√©fl√©chir aux diff√©rents statuts de l’organisation. Tout d’abord le statut juridique de votre exploitation, qui aura des cons√©quences sur votre niveau de responsabilit√©, sur votre fonctionnement et sur le r√©gime fiscal. Ensuite votre statut social √† la MSA.

Si vous vous installez √† plusieurs, votre parcours d’installation est particulier, car le choix de vos statuts juridiques va √™tre d√©terminant sur votre fa√ßon de vous organiser en tant que groupe.

Choisir son statut juridique et social

Nous vous conseillons fortement de vous rapprocher d’un¬∑e expert¬∑e sur le sujet pour prendre ces d√©cisions. Soit via les Chambres d’Agriculture et les ressources qu’elles vous proposent ou alors en faisant appel √† un¬∑e juriste et/ou √† une¬∑e comptable en qui vous faites confiance.

  1. Choix du statut juridique de l’exploitation
    • Vous devez d‚Äôabord d√©cider du format entre entreprise individuelle ou soci√©taire.La diff√©rence majeure est que le statut soci√©taire permet de distinguer les biens de votre soci√©t√© (qui est juridiquement ‚Äúune personne morale‚ÄĚ) des v√ītres et de ceux de vos √©ventuel¬∑les associ√©¬∑es. Votre patrimoine personnel ne peut donc √™tre inqui√©t√©. Dans le cas d‚Äôune entreprise individuelle, tous vos biens priv√©s (par exemple votre voiture personnelle) et ceux de votre exploitation sont une seule et m√™me chose. Cela implique une plus grande prise de risque puisque vos biens personnels pourraient √™tre saisis en cas de dettes non solvables. En revanche, les formalit√©s de cr√©ation et de gestion d‚Äôune entreprise individuelle sont plus l√©g√®res que celles d‚Äôune soci√©t√©. Si vous ne vous installez pas seul¬∑e, le format sera forc√©ment soci√©taire.
    • Si vous partez sur un format soci√©taire alors il vous faut faire le choix entre une soci√©t√© civile ou commerciale. Les soci√©t√©s commerciales permettent de regrouper vos activit√©s civiles (agricoles) et commerciales (achat, revente √† la ferme, agro-tourisme) sous une seule et m√™me structure tant que ces activit√©s sont pr√©vues dans vos statuts. Alors que les soci√©t√©s agricoles civiles sont limit√©es √† l’exercice d’activit√©s strictement civiles.‚Üí Dans les soci√©t√©s civiles, on retrouve les formats suivants :
      • l‚ÄôEARL (exploitation agricole √† responsabilit√© limit√©e), l’EARL unipersonnel est le seul statut en soci√©t√© civile possible si vous vous installez seul¬∑e,
      • le GAEC (groupement agricole d‚Äôexploitation en commun),
      • la SCEA (soci√©t√© civile d‚Äôexploitation agricole).

      → Les sociétés commerciales sont les suivantes :

      • La SA (soci√©t√© anonyme), la SARL (soci√©t√© anonyme √† responsabilit√© limit√©e),
      • La SAS (soci√©t√© par actions simplifi√©es) qui peut √™tre unipersonnelle

Dans le cas des sociétés civiles, le tableau ci-dessous peut vous aider à y voir plus clair pour choisir le format qui correspond le mieux à votre vision :

  1. Analyse des dispositifs fiscaux

    ‚Üí Imposition :

    • Si vous √™tes install√©¬∑e comme entreprise individuelle ou alors associ√©¬∑e-exploitant au sein d'une soci√©t√© civile alors les b√©n√©fices de votre exploitation sont imposables via votre imp√īt sur le revenu (au pro-rata de votre participation).
    • Si vous √™tes g√©rant¬∑e ou associ√©¬∑e d'une soci√©t√© de forme commerciale alors les b√©n√©fices de votre exploitation sont soumis √† l'imp√īt sur les soci√©t√©s.

    → Régime fiscal :

    • R√©gime du micro-BA : si votre recette annuelle moyenne sur 3 ans est inf√©rieure √† 85 800 ‚ā¨ (non des chiffres ronds √ßa serait trop facile‚Ķ) alors vous pouvez b√©n√©ficier d'un abattement de 87% pour d√©terminer le b√©n√©fice agricole (BA) sur lequel vous serez impos√©¬∑e.
    • R√©gime r√©el : si vous ne remplissez pas cette condition, vous √™tes impos√©¬∑e sur votre b√©n√©fice r√©el. De plus vous avez dans l'obligation de tenir une comptabilit√© de gestion.

    ‚Üí TVA :

    • Remboursement forfaitaire : dans le cas o√Ļ vous revendez √† des grossistes ou √† des professionnels et si la moyenne sur deux ans de vos recettes est inf√©rieure √† 46 000‚ā¨ alors 2 √† 3% de votre chiffre d'affaires sera rembours√© par l'√Čtat.
    • R√©gime r√©el de TVA : dans le cas du r√©gime r√©el vous payez la TVA sur l'ensemble des achats et des investissements, vous facturez la TVA sur les ventes aux clients et la diff√©rence entre TVA collect√©e et TVA pay√©e est vers√©e √† l'√Čtat de fa√ßon mensuelle, trimestrielle ou annuelle.
  2. Choix du statut social de l'exploitant

    → Votre statut social à la MSA :

    • Le statut d'exploitant agricole. Vous avez le statut agriculteur si vous exercez une activit√© agricole et si vous atteignez le seuil de l'Activit√© Minimale d'Assujettissement (AMA) en validant au choix l'un des trois crit√®res suivants : surface travaill√©e sup√©rieure √† la SMA, temps de travail sup√©rieur 1200 h/an et revenu professionnel annuel sup√©rieur √† 800 h au SMIC.
    • Le statut de cotisant solidaire. Si vous n'atteignez pas le seuil de l'AMA vous serez cotisant solidaire, vous ne b√©n√©ficierez d'aucune prestation sociale ni des aides √† l'installation.

      La notion d'AMA est complexe : rapprochez-vous d'un conseiller de la MSA pour comprendre de quel régime social dépend votre projet.

    ‚Üí Titre principal ou secondaire :

    • Vous √™tes Agriculteur √† titre principal (ATP) si la superficie sur laquelle vous exercez est au moins √©gale √† la moiti√© de la surface minimale d'installation (SMI), que vous y consacrez au moins 50% de votre temps et d√©gagez au moins 50% de votre revenu professionnel via les activit√©s agricoles de votre exploitation ;
    • Vous √™tes Agriculteur √† titre secondaire (ATS) si vous exploitez la m√™me surface, mais y consacrez moins de 50% de votre temps et en retirez moins de 50% de vos revenus. Vous ne b√©n√©ficierez pas des m√™mes avantages et ne pourrez pas toucher l'int√©gralit√© de la dotation aux jeunes agriculteurs (DJA).

Le cas particulier de l'installation à plusieurs

SI vous vous installez √† plusieurs votre Plan d'Entreprise sera particulier, car il vous est personnel, mais il concerne une exploitation avec plusieurs associ√©¬∑es. Dans le cas d'ateliers de production interd√©pendants (par exemple si les d√©jections de l'√©levage servent d'engrais √† l'atelier mara√ģchage) il vous faudra bien pr√©ciser que c'est un intrant √† co√Ľt z√©ro dans votre business plan. De plus certains co√Ľts seront mis en commun et d'autres non.

Point crucial, le choix du modèle de votre ferme avec son statut juridique aura un fort impact sur votre façon de fonctionner. Le statut sera forcément celui d'une société civile ou commerciale. Certaines questions auront des réponses différentes en fonction du choix de société : Quelle est la marge d'autonomie de chacun dans les décisions ? Que se passe-t-il si l'un·e des associé·es décide de partir ? Comment se répartissent les investissements ? Comment sont répartis les revenus et bénéfices ?

L'installation à plusieurs a des avantages indéniables. Cependant sa mise en place est plus complexe que pour l'installation individuelle.

Il y a bien s√Ľr l'aspect humain √† ma√ģtriser (valeurs communes, communication transparente, gestion des conflits, etc) mais aussi les aspects juridiques et √©conomiques (organisation √©conomique, statut juridique, niveau de mutualisation, partage des risques).

Bénéficier d'un accompagnement au moment de la construction d'un projet d'installation agricole à plusieurs peut donc être crucial pour le succès de votre entreprise.

Chez FEVE nous proposons un programme d’accompagnement pour les groupes souhaitant s’installer √† plusieurs, contactez-nous pour en savoir plus ! Nous vous aidons √† valider la viabilit√© de votre groupe, √† d√©finir vos r√®gles de fonctionnement ainsi que la structuration juridique adapt√©e √† votre projet (que vous ayez ou non d√©j√† identifi√© une exploitation √† reprendre).

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6. S’installer

Maintenant que vous avez pass√© les grandes √©tapes du PPP, du Plan d’Entreprise et de la recherche de foncier, vous allez pouvoir finaliser votre installation en obtenant toutes les autorisations n√©cessaires.

  1. Une fois le PPP valid√© et le PE finalis√©, c’est le moment de l’instruction du dossier DJA avec une pr√©sentation en Commission D√©partementale d’Orientation de l’Agriculture (CDOA) pour obtenir le certificat de conformit√© puis une d√©cision finale de la commission r√©gionale (CPRI). C’est de ce processus que d√©pend le versement de votre aide JA si vous la demandez.

√Ä savoir si vous demandez la DJA, il existe une contrainte d’un d√©lai de 9 mois maximum entre le versement des aides et l’installation. Il est donc pr√©f√©rable d’avoir d√©j√† une surface agricole o√Ļ vous installer avant l’instruction de votre dossier DJA.

  1. Il vous faut √©galement obtenir l’autorisation d’exploiter aupr√®s des Directions D√©partementales des Territoires et de la Mer (DDTM). En tant qu’agriculteur, √† titre individuel ou dans le cadre d‚Äôune soci√©t√©, propri√©taire ou locataire des terres que vous souhaitez mettre en valeur, vous devez d√©tenir une autorisation pr√©alable d‚Äôexploiter, au titre du contr√īle des structures. Cette autorisation est exig√©e en fonction de diff√©rents crit√®res sp√©cifi√©s par le code rural et de la p√™che maritime ainsi que par le Sch√©ma Directeur R√©gional des Exploitations Agricoles (SDREA).
  2. En parall√®le il faut cr√©er l’entreprise et d√©clarer ses statuts aupr√®s du Centre de Formalit√© des Entreprises (CFE). Le CFE se chargera de diffuser ces statuts aux organismes n√©cessaires.
  3. L‚Äôinscription au centre d√©partemental des imp√īts.
  4. Dans le cas d’une soci√©t√© civile et commerciale, il faut la cr√©er et l’inscrire au Greffe du tribunal de commerce.
  5. Il est temps aussi de vous affilier à la MSA, soit comme exploitant agricole, soit comme cotisant solidaire.
  6. En fonction de votre atelier de production (en particulier dans le cas d’√©levage) vous aurez des d√©marches sp√©cifiques √† faire aupr√®s des autorit√©s sanitaires.
  7. C’est √©galement le moment tant attendu de la signature des actes (fermage, achat, donations, transferts des droits, etc.).

Il est possible d’effectuer toutes ces d√©marches en attendant l’obtention du certificat de conformit√©.

7. Poursuivre son projet

Si vous avez reçu la DJA, vous devrez mettre en oeuvre votre Plan d'Entreprise et si modification le représenter en commission. Il y a un suivi individuel de quatre ans post-installation.

Vous devrez aussi effectuer les travaux de conformité prévus dans votre Plan d'Entreprise et continuer si besoin la formation continue inscrite dans votre PPP.

C'est aussi le moment du développement commercial de votre ferme : vous allez pouvoir communiquer sur Internet, sur les réseaux sociaux et en direct, définir votre identité de marque, organiser vos circuits de ventes locaux.

Voici enfin venu le moment de faire ce pourquoi vous avez entamé ce long parcours à l'installation : élever, cultiver, valoriser, transformer et vendre !

Toutes ces étapes ne sont pas forcément linéaires. Certaines personnes se présentent au PAI en ayant déjà une exploitation à reprendre ou créer ainsi que toutes les compétences nécessaires. D'autres ont la terre, mais pas les compétences, ou l'inverse.

R√©aliser son PPP, √©laborer le plan d'entreprise et identifier des terres agricoles. Tout cela peut se faire en simultan√©, le tout √©tant de garder une id√©e claire d‚Äôo√Ļ vous vous situez.

Vous vous sentez un peu seul·e et impressionné·e face à ce parcours à l'installation ?

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Marguerite Legros
Mara√ģch√®re en cours d’installation & Sp√©cialiste du contenu chez Fermes En ViE
Marguerite est dipl√īm√©e de l’ESSEC en management et du Schumacher College en mara√ģchage. Avec cette double casquette, elle alterne entre r√©daction d’articles sur les probl√©matiques du monde agricole, animation de la communaut√© de porteurs de projet avec Astrid et pr√©paration de son projet de culture de fleurs coup√©es. Pour ce guide, elle a repris et synth√©tis√© toutes les informations qu’elle a pu glaner aupr√®s de paysan¬∑nes r√©cemment install√©¬∑es, d’organismes accompagnateurs et sur le grand champ du web.